Critique de 2012
Film catastrophe américain de Roland Emmerich (Le Jour d’Après, Independence Day)
Scénario de Roland Emmerich et Harald Kloser (10 000)
Sorti dans les salles françaises le 11 novembre 2009, sortie du DVD et Blu-Ray Disc aux alentours de mars 2010
Durée de 2 heures 40 environ
Avec John Cusack (La Ligne Rouge, Les Ailes de l’Enfer), Chiwetel Ejiofor (Inside Man, American Gangster), Oliver Platt (Docteur Doolitle, L’Homme Bicentenaire), Danny Glover (la saga Arme Fatale, Saw), Woody Harrelson (Sept Vies, Bienvenue à Zombieland)…
Synopsis: on en a franchement besoin ?
C’était le film événement de cette fin d’année. Le teuton Roland Emmerich, qui avait déjà retourné le globe par des extraterrestres (ID), un lézard radioactif (Godzilla) ou par une congélation gigantesque (Le Jour d’Après), rempile avec sa vision du monde ravagé par une prédiction ancestrale. Après un 10 000 toujours bien réalisé mais trop peu cohérent et bizarre, le sieur catastrophe revient sur des terres qu’il maitrise nettement mieux. On sait que la plupart de ses films à succès repose avant tout sur des effets spéciaux dantesques (ce qu’Uwe Boll, l’Ed Wood allemand des années 2000, ne manquait pas de critiquer…), ce que 2012 ne contestera pas. Bien au contraire, le film est à la fois une parfaite démonstration et une pure synthèse du travail du cinéaste allemand. Explications.
Comment parler de ce film sans évoquer les effets spéciaux. Et comment pourrait-on les blâmer ! Impressionnant de détail, de justesse et de précision, ils atteignent ici un niveau incroyable. Je pense en particulier aux mouvements de vagues (vous pouvez en avoir un aperçu sur l’affiche ci-contre) d’un réalisme saisissant (quel travail monstre pour faire ça !)… C’est le point fort du film (encore heureux, c’est un film catastrophe !), mais quel point ! Ça fait vraiment plaisir de voir que l’équipe ne s’est pas retenue… Mais n’allez pas croire que le film fait immédiatement dans du rentre-dedans ! La patte du réalisateur se ressent dès le départ; en effet, il prend le temps qu’il faut pour installer son univers et ses protagonistes. Comme toujours avec le teuton, on a un jeu d’acteurs soigné (c’est la première fois que je voyais Chiwetel Ejiofor dans un film, et ça fait plaisir de voir un acteur aussi impliqué); et malheureusement, comme toujours avec sieur Emmerich, on a le droit aux stéréotypes désagréables.
Et oui, il a des défauts, le film événement de l’année (non, les filles en rut, ce n’est pas votre bel Edward, l’attraction de fin 2009… Oh la vache, il a déjà battu 2012 au Box Office ! Misère…) ! Et le défaut principal est toujours le même depuis quasi tous ses films (si ce n’est tous), à croire qu’il n’en fait qu’à sa tête… Les personnages qu’il implique dans l’histoire sont clichés et porteurs d’une idéologie qui fait trop de ce film un produit américain… On retrouve le père de famille (américain) divorcé qui doit reconquérir l’estime de son fils (américain), la mère de famille (américaine) qui ne sert qu’à protéger ses enfants (américains), la fille (américaine) qui ne fait qu’écouter ses parents (devinez leur nationalité)… Pour résumer, la famille américaine selon Emmerich (allemand), c’est le père qui agit et les autres qui suivent [le sexe féminin (américain) est parfois même vu comme encombrant...] Et encore je me suis arrêté à la famille américaine ! Parce que je pourrais évoquer la famille présidentielle (américaine), les politiciens (américains) qui échafaudent des plans dans le dos de la population (américaine), les scientifiques (américains) qu’on écoute que quand c’est trop tard… J’aurais pas été contre que le réalisateur ose renouveler ces mécanismes. D’autant plus que quelque part, cela handicape gravement le film; en effet, le 21 décembre 2012 va, selon les mayas, plonger dans la destruction… Le monde entier ! Alors pourquoi ne voit-on que les Etats-Unis de ravagés ? Et le Vieux Continent ? L’Amérique du Sud ? L’Océanie ? Pour limiter les dégâts de ce côté-là, sieur Emmerich a quand même pris quelques mesures… Ainsi, on verra quelques présidents (fictifs, mais pas américains) de divers pays (quoi de mieux qu’un petit G8 pour les faire apparaître…). Mais on aurait bien voulu voir la Tour Eiffel tomber, la Sagrada Familia se briser, Big Ben s’effondrer… Rien de tout ça, car un film de Roland, c’est un film à la vision étriquée où le monde est reflété par les seuls USA. Ça laisse un sale goût dans le bouche, qui s’évapore aussitôt que la vague d’effets spéciaux vienne s’imprégner dans nos rétines de cinéaste imbécile pour comprendre que l’Amérique, c’est trop bien… Petite chose que j’ai quand même apprécié dans ce déluge de clichés pro-américains: le Président des USA est ici désarmé et se préoccupe de la population (certes, c’est toujours comme ça dans un film du teuton, mais ça change des présidents superhéros…)… Américaine, of course.
Oui je sais, c’est amusant de voir que le paragraphe des défauts soit plus gros, mais cela n’empêche pas le film de rester très amusant. Les effets spéciaux devraient suffire à vous convaincre
-Réalisation: euh, je pense que vous avez saisi d’avance la note que je vais attribuer… 5/5
-Scénario: situation initiale bien posée et qui prend son temps, pas mal de tensions lors des scènes de catastrophe, personnages clichés au possible et pro-américanisme de rigueur. 3.5/5
-Performances dramatiques: j’étais assez perplexe quant à la présence de John Cusack… Heureusement, il y a de quoi se tromper. Bon jeu global. 4/5
-Doublage vocal français: assez craintif là-dessus, mais au final, là aussi ça passe très bien ! 4/5
-Musique et bruitages: musique martiale et juste, bruitages immersifs. 4.5/5
-Les plus mieux meilleurs: effets spéciaux, ambiance sonore, jeu d’acteurs, de l’humour, situation initiale qui s’installe en douceur…
-Les pires pas mieux défauts: “vive l’Amérique”, clichés emmerichiens en puissance, fin un peu trop gentille, autres pays sous-traités (parfois à peine cités !)…
Note globale: 21/25, soit 16.8/20.
Critique express de Terminator: Renaissance
Film d’action science-fiction anglo-germano-américain de McG (les Charlie’s Angels)
Scénario de John Brancato (Clones, Catwoman), Michael Ferris (Clones, Terminator 3, The Game) et Jonathan Nolan (The Dark Knight, Le Prestige), sur un script de Trudy Ramirez (premier travail)
Sorti dans les salles françaises le 3 juin 2009, disponible en DVD et Blu-Ray Disc le 19 novembre 2009
Durée d’une heure 42 environ (générique de fin non compris)
Avec Christian Bale (The Dark Knight), Sam Worthington (prochainement dans Avatar et Le Choc des Titans), Anton Yelchin (Star Trek version 2009), Bryce Dallas Howard (Spiderman 3, Le Village), Helena Bonham Carter (Harry Potter et le Prince de sang-mêlé)…
Synopsis: 2003. Tandis que le Jugement Dernier se rapprochait dangereusement, un condamné à mort du nom de Marcus Wright accepte de donner son corps à la science… 2018. Comme chacun le sait, le Jugement Dernier s’est produit, au grand dam de John Connor, leader prophétique de la Résistance, qui avait tout fait pour l’empêcher. Mais c’était seulement retardable… Le programme autonome de défense militaire de l’armée, Skynet, avait pris les commandes et s’employait à éradiquer sa plus grande menace: l’humanité tout entière. Ce jour du Jugement Dernier, la moitié de l’espèce humaine a été rasée par des attaques nucléaires. L’autre moitié s’est depuis organisée pour lui résister. Mais ce n’est pas le futur contre lequel Sarah Connor, la mère de John, avait mis en garde… Il n’est pas le leader incontesté, bien qu’il reste un sauveur aux yeux de nombreux résistants. De plus, la Résistance ne peut pas gagner cette guerre si ça continue ainsi. Mais une découverte pourra peut-être tous les sauver…
La saga Terminator, initiée par James Cameron, voit ici son quatrième épisode voir le jour. Point de départ d’une nouvelle trilogie, elle prend le relais après un troisième opus très sympathique mais en-deçà de ses prédécesseurs, considérés encore aujourd’hui comme des piliers du film de science-fiction. Mais que vaut cette Renaissance ?
Il est vrai qu’on pouvait s’inquiéter quant au projet, quand on voit qui le réalise… McG n’avait réalisé que deux longs-métrages plutôt quelconques, ce qui n’était pas tout à fait rassurant. Eh bien force est de reconnaitre que le bonhomme a une très bonne maitrise de la technique. Il sait manier la caméra, et pas qu’un peu, puisqu’il ouvre l’ère 2018 avec deux plans-séquences dantesques et parfaitement contrôlés ! On remarquera les effets spéciaux amplement réussis, avec des Terminator au poil et un bon matte-painting global (on fera une minute pour feu Stan Winston, le génial marionnettiste décédé durant le tournage…). ILM ne déroge pas à sa réputation de maître des FX… Côté interprétation des acteurs, c’est du bon boulot, hormis quelques hics. Premièrement, bien qu’ils s’en sortent très bien tous les deux, j’aurais plus vu Bale interpréter le rôle de Worthington et inversement. Deuxièmement, j’ai pas trop aimé qu’on ait donné le rôle de Katerine Brewster-Connor à Bryce Dallas Howard, trop gentille pour un rôle de femme déterminée qu’on avait vue dans Terminator 3 (à ce titre, j’aurais bien revu Claire Danes…). En revanche, Anton Yelchin est vraiment une très bonne surprise, et sa ressemblance avec un personnage vu dans le premier Terminator (normal, vous comprendrez…) devrait interpeler pas mal d’entre vous… A ce titre, on appréciera les nombreux clins d’oeil faits à la première trilogie (dommage que ça ne va pas plus loin). Le scénario, bien qu’un peu faiblard et prévisible par moments, reste sympa. L’ambiance générale lorgne vers les Mad Max, ce qui peut paraitre peu fidèle à la vision Cameronique du futur. Mais comme déjà dit, ce futur n’est pas exactement le même… En bref, un très bon divertissement, mais qui reste un peu creux dans son scénario et qui n’apporte pas grand chose à l’univers.
-Réalisation: nul besoin de disserter là-dessus: techniquement parlant, McG assure ! 5/5
-Scénario: creux, mais bourré de clins d’oeil, action explosive mais l’univers n’est pas plus étoffé. 2,5/5
-Performances dramatiques: bon jeu d’acteurs global (très bon Anton Yelchin), Bryce Dallas Howard a un rôle pas taillé pour elle, et Bale et Worthington auraient du échanger… 3/5
-Doublage vocale français: du bon boulot, mais manquant peut-être un peu d’audace. 3,5/5
-Musique et bruitages: bande-son en retrait dans les musiques, bruitages efficaces. 3/5
Note globale: 17/25, soit 13,6/20.


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