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Chroniques de la ville lunaireh-Les eaux sombres du parc

Dans le domaine des arts, il y a des artistes qui marquent leur emprunte. La musique n’échappe pas à cette règle. Dans cette profusion de musiciens, on trouve de tout : des kikoolol qui se prétendent les tout-puissants, alors qu’ils ont seulement un tas de dollars, ceux qui cherchent vainement à se distinguer (mais qui, au final, soit tombent entre les mains des premiers, soit quittent la scène musicale), et enfin ceux qui réussissent à faire de LA MUSIQUE, peu importe que cela rapporte ou non.

Exemples de la première catégorie : P.Diddy, Timbaland, Black Eyed Peas… Sans oublier Rihanna, et Lady Gaga ! Bref, la plupart des « artistes » américains d’aujourd’hui…

Artistes de la deuxième catégorie : Euh, bin là, je dois dire que je vois pas vraiment d’exemples :s

Quelques noms du troisième type : regardez-là

Aujourd’hui, et dans les prochains jours, je posterai sur Qivi des critiques d’albums d’un groupe musical hors pair, qui perdure depuis plus de 20 ans sur la scène musicale : Opeth.

D’où provient ce nom ? D’une cité fictive du nom d’Opet (« La Ville de la Lune »), présent dans le roman Sunbird de Wilbur SMITH.

Quel est leur style de musique ? Majoritairement du metal progressif. Progressif, c’est-à-dire ? Eh bien, une chanson habituelle est structurée de manière précise, à savoir refrains, couplets, même mélodie constante etc. Quand on parle de progressif, cela veut notamment dire que la chanson ne reste jamais la même, il y a de grandes variances, pas vraiment de couplets… Les chansons progressives durent plus longtemps, ont des paroles plus recherchées, et l’instrumental est varié. En revanche, les chansons progressives sont plus difficiles à « apprivoiser ». Voilà, basiquement, ce que cela signifie.

La patte principale du groupe vient du mélange puissance/mélancolie des instruments.

Il vient d’où ? De Suède.

Qui est le leader ? Le chanteur et guitariste Mikael Âkerfeldt ; il réussit le tour de force d’être capable de chanter de deux manières différentes : il peut le faire avec une voix chantée, douce, ou alors balancer des vocalises gutturales !

Je présenterai au fil des quelques jours suivants, quelques albums de ce groupe légendaire, et pas forcément dans l’ordre de parution…

Aujourd’hui, je commence par l’album qui est, pour BEAUCOUP de fans, leur meilleur album à ce jour : Blackwater Park.

Pochette (2001)

Pochette (2001)

Cinquième album du groupe, sorti en 2001, réédité en 2010, il a bénéficié d’une production de Steven WILSON, excellent artiste avec qui le

Pochette (2010)-Pour ma part, je préfère celle-ci

Pochette (2010)-Pour ma part, je préfère celle-ci

groupe s’est lié d’amitié.

Commençons la critique de cette pièce majeure du groupe !

1-The Leper Afinity (« L’Affinité lépreuse » ?) : après quelques secondes de notes lugubres, les guitares débarquent, soutenus par la batterie qui entre lui-aussi en fanfare. La voix gutturale suit peu après. La chanson est variée (rassurant, c’est du progressif xD), les mélodies dynamiques. Petit passage douceur vers le milieu de la chanson, avant de repartir de plus belle. La piste se finit par de belles notes au piano.

2-Bleak (« Morne ») : rappelle un peu dans sa structure le premier morceau, avec cependant un passage doux plus éloigné (vers les 65%). L’instrumental dans cette piste est peut-être plus présente. Très bonne chanson.

3-Harvest (« Récolte ») : ballade à la guitare acoustique distillant de très belles notes. Elle se rapproche davantage d’une chanson non-progressive, car elle adopte le système des refrains/couplets et la mélodie reste globalement la même. Une belle chanson, avec de bonnes paroles.

4-The Drapery Falls (« Le Rideau tombe ») : ah, nous y voilà ! C’est grâce à cette chanson que j’ai découvert le groupe il y a quelques temps ! Elle est une bonne démonstration du style d’Opeth : à la fois puissant et mélancolique dans ses sonorités, émouvant et sauvage, attendrissant et violent. Magnifique.

5-Dirge For November(« Lamentations de Novembre ») : début exclusivement acoustique, Mikael murmurant ; ensuite, retour des instruments pour une montée en puissance progressive, voix gutturale revenant à la charge, pour s’achever sur des notes de clavier et de guitare peu joyeuses. Une belle démonstration des digressions.

6-The Funeral Portrait (« Le Portrait Funéraire ») : guitare acoustique lugubre en intro, pour un morceau qui met en valeur les guitares. Final sympathique.

7-Patterns In The Ivy (« Echantillons de Lierre » ?) : exclusivement instrumentale. Court, sympa, un interlude peu marquant mais faisant malgré cela partie du tout.

8-Blackwater Park (« Le Parc à l’Eau Sombre ») : puissant, distillant des états d’âme au travers d’une puissante instrumentale. Globalement une chanson assez costaud, avec un passage tranquille malgré tout. Très bon.

Bilan : un excellent album, où Opeth hurle et pleure à la fois. Pour autant, ce n’est pas à mes yeux leur meilleur album, la 7ème chanson n’est pas loin d’être dispensable, celle juste avant est un peu en-deçà… Mais Blackwater Park reste un bulldozer musical. 17/20

P.S : vos réactions sont toujours les bienvenus, que ce soitpour la critique de l’album ou pour les quelques premières lignes de mon article…


Critique musicale: Steven Wilson-Insurgentes

Après Nine Black Alps, je vous fais part d’un autre coup de cœur musical, cette fois encore moins connu chez nous ^^

Pochette recto de Insurgentes

Pochette recto de Insurgentes

Steven Wilson est un artiste britannique qui touche à tous les instruments. Ses actes dans la musique tiendraient, dit-on, dans un fichier PDF de 315 pages, rien que ça ! Il a fondé de nombreux groupes (le plus connu est Porcupine Tree), composé de nombreuses chansons, joué de nombreux instruments. Il œuvre depuis un bout de temps dans la musique, mais je ne saurais vous dire ce que valent ses prestations dans son ensemble. J’ai entendu parler de ce bonhomme par le plus grand des heureux hasards, via un site qui faisait part de la sortie de son premier album solo, intitulé Insurgentes. Sorti en février ou mars dernier, ce nom provient de La Avenida de los Insurgentes, la plus longue avenue de la ville de Mexico, avenue dans laquelle Steven Wilson a enregistré la majorité des titres de l’album. Le loustic a voyagé aux quatre coins du monde dans le but d’offrir la quintessence musicale. Car le bonhomme est un sacré ambitieux, mais peut-être est-ce cette ambition qui l’a conduit à une telle créativité. Avant de se plonger dans la critique piste par piste, il faut savoir que cet album n’est pas des plus joyeux: en effet, le tout respire la tristesse, l’horreur, la mélancolie, l’amertume… Vous savez à quelle(s) thématique(s) s’en tenir, bien que vous eusses pu vous faire une idée à la vision de l’étrange, mais réussi, pochette de l’album…

01-Harmony Korine: première chanson et premier single de l’album, Harmony Korine, malgré ses paroles pas vraiment réjouissantes, ne reflète pas idéalement le reste de Insurgentes. Rythmé, cette piste lorgne presque vers du rock, mais démontre avec efficacité les capacités musicales du trublion. Harmony Korine semble titiller entre lumières et ténèbres de l’âme, les quelques “cris” que l’on entend font à la fois peur et sont aussi vecteurs d’espoirs. Un doux paradoxe, une belle union des contraires, pour une chanson efficace.

02-Abandoner: un début techno, puis la voix de Steven vient nous susurrer quelques paroles bien entendu pessimistes. On remarque ici de belles notes de guitare venant parsemer le morceau. La voix se tait, les instruments continuent leur mortelle valse, puis la folie les gagne, et les voilà irrécupérables, plongés dans l’horreur, avant de retrouver un peu leur calme pour terminer la chanson. Là encore, la maîtrise des instruments en fait une chanson efficace.

03-Salvaging: une chanson longue et ténébreuse à souhait. Un début plus classique que Abandoner, une voix plus étouffée qui semble souffler une morbide incantation, appuyée par des guitares en grand forme et des bruits de synthé dérangeants. La chanson s’accélère, comme si elle devait se dépêcher de nous conduire dans la démence. Puis, le tout se tue… Et l’orchestre symphonique de Londres va prendre le relais durant deux minutes ! Minutes qui vont être mises à profit pour apporter espoir, comme si dans les ténèbres, on venait d’apercevoir une lumière se rapprochant de soi ! Mais ces 120 secondes sont bien courtes, et très vite, les instruments repartent dans la folie la plus totale, et anéantissant par là-même la lueur d’espoir qu’on venait d’apercevoir… Une nouvelle réussite pour notre britannique !

04-Veneno Para Las Hadas: une piste bien placé dans l’album. Comme si, à la fin de Salvaging, on a été aspiré dans un terrifiant trou noir, et qu’à présent, nous sommes à voguer dans le vide sidéral. Le chanteur a perdu espoir, et nous balance amèrement des propos, bien sur pas très gais. La chanson, certes à la thématique triste, est quelque part relaxante, notamment grâce aux excellentes nappes. Malgré un certain manque de variété (Salvaging était très diversifié dans sa structure, ce qui le rendait plus efficace) et un petit manque d’audace, le titre remporte tout de même l’adhésion.

05-No Twilight Within The Courts Of The Sun: un titre, une chanson longue. Le principe ? Monter graduellement en puissance et en dégénérescence musicales. Principal instrument ? Guitares savamment utilisées, distillant de “belles” notes et illustrant au mieux le but recherché dans la chanson. Vers le milieu de la chanson, petite pause, Steven et sa voix débarquent, mais ne fait ici que murmurer, tant il semble fatigué et torturé. Après un petit retour des guitares, de petites notes douces se placent pour calmer un peu le jeu. Bien sur, ça dure pas longtemps… Les instruments se taisent, seules des bruits bizarres subsistent… Puis les guitares se déchaînent, devenues complètement incontrôlables ! Réussite musicale ? Assurément !

06-Significant Other: une piste surprenante dès le départ ! Car l’instrumentale s’y montre bien moins pessimiste, tout en apportant une certaine sensation agréable. On cherche la démence, la folie des autres pistes, qu’on ne trouvera pas tout de suite. Quand les guitares interviennent plus radicalement, on comprend ce que Steven voulait nous faire savoir: c’est un fou qui se sent bien, et qui ne sait pas qu’il a un grain. En tout cas, c’est une des impressions qu’on peut ressentir. A notre une petite participation féminine, comme pour faire dire: “Génial, il n’est pas seul dans son délire…”. Une chanson très sympa, relaxante, évoquant même la belle étoile via ses jolies notes de guitare.

07-Only Child: des guitares aux sonorités lourdes, mais belles, ouvrent le bal. La voix, ici glissante, semble nous faire des reproches, avec un Only Child qui semble ici vouloir dire: “Ce n’est qu’un enfant !”. La chanson manque peut-être d’un peu d’audace, mais se montre tout de même efficace, et met bien en valeur la voix du britannique qui, à défaut d’être exceptionnel, n’en est pas moins sympathique.

08-Twilight Coda: chanson exclusivement instrumentale, elle débute par de la mélancolie, puis la tristesse, et enfin la folie. Cette piste amène facilement des émotions aux auditeurs, et c’est cette simplicité dans la démarche qui la rend efficace.

09-Get All Your Deserve: une chanson conduite principalement par de magnifiques notes au piano. La voix semble en même temps se lamenter. La chanson est un poil répétitive, mais reste sympathique.

10-Insurgentes: drôle de conclusion pour un album pessimiste. Presque que du piano, et la voix qui semble avoir trouver repos et réconfort.Bien conduite, la piste remporte les suffrages une fois encore, mais son intérêt s’effrite au fur et à mesure qu’on avance.

Dix pistes de fort bonne qualité, mais ça ne s’arrête pas là; en effet, il est possible de dénicher cinq pistes bonus sur une autre édition de l’album; ce sont des morceaux qui ont été conçues pour Insurgentes, mais qui au final, n’ont pas été retenues. Voici leurs critiques:

01-Port Rubicon: début intriguant, avec une petite voix semblant parler en espagnol, et quelques bruits. Puis silence… Et BOUM, une musique inquiétante fait son apparition ! Cela ressemble à une incantation tribale, comme pour invoquer un terrifiant démon, avec ces tambours qui donnent le rythme de cette lugubre pratique ! Puis transition, et enchaînement sur de la guitare sèche, et Steven qui semble en pisser dans son froc ! Retour du silence… Et Re-BOUM, avec cette fois-ci l’apparition de guitares aux mauvais accords, les rendant complètement dérangées… Le morceau se conclut d’ailleurs par ses mêmes notes tordues… Étonnant, mais réussi ! Sa place dans Insurgentes aurait fait l’effet d’une pause café morbide…

02-Puncture Wound: début qui fait un mélange entre Salvaging et Abandoner, avec ses sonorités dérangeantes et son refrain, sans voix et tourmenté. Dommage, elle aurait mérité sa place dans l’album.

03-Collecting Space: on comprend pourquoi elle n’a pas été retenue; cette chanson, uniquement instrumentale, n’est pas triste ! Au contraire, c’est plutôt le genre de piste qui rassure, réconforte, et revigore notre cœur d’un précieux espoir ! Et quand en plus, c’est joli et admirablement maitrisé, chapeau bas ! On y voit ici le potentiel artistique de Steven exploser !

04-Insurgentes (mexico): version longue et enrichie musicalement du Insurgentes présent dans l’album, elle n’y a pas sa place surement parce qu’elle est un poil trop longue.

05-Untitled: difficile en effet, d’attribuer un titre à ce morceau, qui dans sa structure, rappelle un peu Significant Other, même si ça se monte ici toujours plus triste et amère…

Les cinq pistes bonus valent tout autant le coup que l’album, qui lui, vaut largement votre temps d’écoute.

On peut aimer, comme on peut ne pas aimer, Insurgentes de Steven Wilson. Dans tous les cas, il est incontestable que cet album est un chef d’œuvre musical absolu, dans lequel le britannique maîtrise tout de A à Z. Si vous n’avez pas peur de foncer dans un univers sombre, tortueux et triste, n’attendez pas davantage, et écoutez, vous trouverez là, que vous aimiez ou pas, un bijou musical précieux !

Note: 9/10


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