Critique de Ninja Assassin
James McTeigue. Cet Australien est impliqué dans bon nombre de superproductions en tant qu’assistant-réalisateur, notamment la trilogie Matrix, ou encore Star Wars Episode II. Après avoir signé V pour Vendetta en tant que réalisateur à part entière, le revoici aujourd’hui avec son deuxième film, Ninja Assassin. Pour quel résultat ? Nous allons voir ça dans quelques lignes…
Synopsis : Il existe des clans de Ninja, qui vendent leurs prestations d’assassinat en échange de 100 livres d’or ou équivalent. Dans les rangs de la dangereuse “famille” d’Ozunu, figurait Raizu, un orphelin et apprenti très prometteur. Mais suite à un événement tragique, il va changer à jamais d’opinion sur ceux qui l’avaient recueilli, et un jour, il finira par trahir son clan. Aujourd’hui, pour tous les tourments qu’il a subis, ils doivent payer…
L’air de rien, le pitch évoque une histoire de vengeance des plus banales. Voilà qui parait peu encourageant… Mais vous vous doutez bien aussi que le scénario n’est pas un objectif primordial pour Ninja Assassin. Non. Aucunement.
Au regard des affiches, à quoi peut-on s’attendre ? A de l’action ? Je vous rétorque que oui. A du gore ? Autant vous chauffiez pour la question précédente, autant là vous pouvez prétendre à une tournure carbonique.
Il faut donc y voir un divertissement d’action et un concentré de gore. A moins que ce ne soit l’inverse.
Cette production est une ode à l’hémoglobine, un concentré de plaisir coupable rouge. Le sang jaillit en numérique et quantité non modérée, sans se soucier de quelque censure, fléau des temps modernes.
Il va sans dire que l’apparition de tout ce ketchup assisté par ordinateur se devait d’être justifiée par moult taillades à l’arme blanche -même si parfois, les mains suffisent amplement- et autres pirouettes dont les ninjas ont le secret -enfin, plus vraiment à présent-. Les quelques séquences de castagne du film se révèlent bien jouissives, malgré que la caméra éprouve parfois quelques difficultés à les retranscrire de manière optimale. Ce qui, ma foi, est quand même bien dommage, quand on sait qu’elle affiche une photographie sympathique et des effets spéciaux corrects.
James McTeigue a beau ne pas avoir livré une production au scénario bien profond, mais il y aurait pu avoir un minimum de soin dans le traitement de l’histoire. Après avoir ouvert Ninja Assassin de fort bonne manière, la trame s’enlise dans une exposition assez ennuyeuse des faits, entrecoupée de flashbacks concernant Raizo. Ces derniers se révèlent d’ailleurs sympathiques et offrent au héros un background, qui le rend plus intéressant et supprime tout porté manichéenne au long-métrage. Mettons un bémol supplémentaire à cette positivité, en énumérant l’exaspérante tendance à mettre un soupçon d’occidentalisation dans un film traitant de pays orientaux, avec sa galerie de personnages clichés -mention spéciale à celui de Mika-.
La partition musicale ne se montre pas désagréable mais n’est pas des plus marquantes. En revanche, les bruitages semblent aussi affûtés que les lames virevoltantes à l’écran, et confortent dans cet aspect de “style”.
Pour conclure ce corps de texte, évoquons le jeu des acteurs. Globalement, on assiste à un bon niveau. Raizo affiche le charisme par la sobriété, Mika est une nunuche modérée, et les ninjas sont des pierres tombales ambulantes.
Passons aux notes :
-Réalisation : de bien belles séquences d’action, des difficultés à bien suivre par moments, du sang numérique, une bonne photographie et des effets spéciaux un minimum soignés. 3/5
-Scénario : assez classique, assez mal construite et équilibrée, des flashbacks pas désagréables, des occidentaux de trop. 3/5
-Performances dramatiques : le casting remplit son office sans histoire, et on ne va pas s’en plaindre. 4/5
-Bande-son : musique sympa et bruitages d’un bon niveau. 4/5
-Note globale : 14/20
Ninja Assassin est un bon petit film sans prétention. Le sang coule à flot, les ninjas y font bonne figure, la réalisation a un bon emballage et on passe un bon moment, en dépit d’un déséquilibrage total. Une critique peu bavarde pour un film amusant, qui ne s’embête pas avec de la finesse caduque.
Critique de Punisher: War Zone

Affiche de Punisher: War Zone
Film d’action américain de Lexi Alexander (Hooligans)
Scénario de Nick Santora (Prison Break), Art Marcum (Main Line), et Matt Holloway (Iron Man, Main Line).
Pas de sortie dans les salles françaises, directement rendu disponible en DVD le 5 août 2009.
Durée de 1 heure 38 environ.
Avec Ray Stevenson (Frank Castle, alias le Punisher), Dominic West (Billy Russoti/Jigsaw), Doug Hutchinson (James “Jimmy le Frappadingue” Russoti), Colin Salmon (Paul Budiansky)…
Synopsis: Frank Castle était un homme presque comme les autres autrefois. Membre des forces spéciales, il allait un jour pique-niquer avec sa femme et ses deux enfants. Malheureusement, ils sont témoins d’une exécution mafieuse, et Frank se retrouve seul. Son âme complètement déchiré depuis ce jour le pousse à faire lui-même justice et à punir les criminels, qui passent entre les mailles de la justice par de multiples pots-de-vin. Il devient alors le Punisher, ne reculant devant rien et ne montrant aucune pitié envers ceux qui n’ont cure de la loi. Vint le jour où il se frotte à Billy “le beau gosse” Russoti. Jour qui va marquer un nouveau tournant. Le Punisher a fait deux terribles erreurs: il tue par mégarde un agent du FBI infiltré pour coincer Russoti, et il a laissé pour mort ce dernier. Son visage atrocement mutilé, Billy à son tour aspire à se venger…
En voyant ça, je me suis dit: allez, encore un Direct-To-Video des plus bidons. Mais le personnage du Punisher est plutôt intéressant, personnage maltraité à deux reprises au cinéma (une version 1989 qui ne serait pas extra, et la version 2004 qui est une véritable calamité). Alors, laissons-lui une chance, à celui-là ! Après Dolph Lundgren en 89 et Thomas Jane en 2004, le britannique Ray Stevenson prend le flambeau. Et force est de reconnaître qu’il s’en sort plutôt bien dans ce rôle. Alternant machine de guerre et homme brisé par la mort de sa famille, Frank Castle semble ici dans son parfait élément et correspondre de près à l’original, celui qui était dans les BD Marvel (oui, je sais, d’habitude Marvel, c’est des super-héros aux super-pouvoirs
) ! Là où la version 2004 se montrait mou du genou et un Frank Castle qui ne foutait rien, notre ami Ray se déchaîne dans les scènes d’action, défoulantes à souhait ! D’une rare violence, ces séquences versent parfois volontairement dans le second degré (des bruitages qui font marrer), bien que ça ne soit pas de l’enfant de choeur du tout (un type par exemple se prend le pied d’une chaise dans l’oeil…), et qu’on ne nous cache rien ! Et ça, ça fait plaisir à voir de nos jours… Le second degré ne s’arrête pas à certaines exagérations ou à des bruitages presque hilarant, il se trouve même un mètre-étalon en le personnage de Billy Russoti. Caricatural à souhait, quand on le voit à l’écran, on n’arrive pas à le prendre au sérieux ! Et c’est pire encore quand il revient défiguré; malgré le maquillage plutôt pas mal, on se marre de voir une telle tronche ! Son frère, pas défiguré mais cannibale psychopathe, parait ridicule également ! Des méchants qui parfois ont de drôles de méthodes pour faire peur… C’est sur que le scénario n’est pas de qualité parfaite, mais au moins, on n’a plus l’impression de se faire baiser comme dans la version 2004 (oui, elle est merdique !).
Au final, je ne sais pas trop quoi dire de plus sur ce punisseur, si ce n’est que cette zone de guerre est foutrement défoulant et marrant ! Un excellent exutoire !
Les notes:
-Réalisation: elle en fait des tonnes, pour notre plus grand bonheur, seuls quelques bouts de scène semblent trop rapides… 4/5
-Scénario: jongle entre action défoulante et rigolote tellement que ça pousse loin, torsion des zygomatiques à la vue des méchants, peu de twists et peu de surprises. 3.5/5
-Performances dramatiques: excellent Ray Stevenson, Colin Salmon, et les interprètes des frères Russoti jouent à fond la carte du rire^^ Le reste un peu en retrait. 3/5
-Doublage vocale français: le punisher avec la voix VF de Russel Crowe, pourquoi pas, après tout ! Sinon, c’est pas mal, mais quelques voix sont carrément insupportables ! 3/5
-Musiques et bruitages: musiques sympas, bruitages ou hilarants (action) ou normaux (autres séquences). 4/5
-Les plus mieux meilleurs: Ray Stevenson, les frères Russoti (ils font marrer !), l’ambiance sombre, les scènes d’action défoulantes et violentes (avec notamment un final généreux et un début brutal), bruitages marrants, peut choquer Paris Hilton…
-Les pires pas mieux défauts: …mais pas assez pour provoquer sa crise cardiaque, la confrontation finale entre Castle et les Russoti n’est pas extra, rythme inégale, faut aimer les exagérations…
Note globale: 17.5/25, soit 14/20.


Les derniers commentaires publiés