Qivi Vrarenétra ! Un blog 3 en 1, sur tout, et surtout sur n'importe quoi !

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Critique de L’Imaginarium du Docteur Parnassus

Affiche française

Affiche française

Film anglo-franco-canadien de Terry Gilliam (L’Armée des 12 SingesLes Frères Grimm)

Scénario de Terry Gilliam et Charles McKeown (Les Aventures du Baron de Münchausen, Brazil, deux films de Terry Gilliam), sur un script de Susan Lambie (Un Enfant pas comme les autres, La Voix des morts : la lumière)

Sorti dans les salles françaises le 11 novembre 2009, disponible en DVD et Blu-Ray Disc depuis le 2 avril 2010

Durée de 1 heure 57 minutes environ (générique de fin compris)

Avec Christopher Plummer, Lily Cole, Tom Waits, Heath Ledger, Johnny Depp, Jude Law, Colin Farrell…

Un film au titre curieux peut paraitre suffisamment étrange pour ne pas forcément attirer les regards. Mais c’est aussi la marque qui le distingue d’une production lambda, formatée pour le plus grand nombre de dollars possible. L’intitulé du long-métrage pourrait également constituer un camouflet, masquant une œuvre d’une désolante banalité -mais non forcément dénué d’intérêt !-…

Quand le nom de ce produit cinématographique est susceptible de ne pas pouvoir nous indiquer une quelconque approche à en avoir, il est toujours bon de se reporter au casting, parfois révélateur, en particulier à la barre du réalisateur. A la vision des mots Terry et Gilliam, on comprend mieux certains choix.

En effet, ce protagoniste hors du commun n’est pas forcément le plus connu, mais jouit d’un parcours solide. Il était l’un des Monty Python, troupe de comiques anglaise des seventies, tout de même ! Après la dislocation des géniteurs de l’excellent et délirant long-métrage Sacré Graal, le sieur entreprit une carrière au cinéma, où il aura marqué une empreinte intéressante. L’Armée des 12 singes, c’était lui ! Je ne l’ai pas vu, et pourtant, je sais qu’il avait fait son petit effet !

Mais le bougre est passé par de douloureuses épreuves… Les Frères Grimm, sans être mauvais, était un peu trop commercial -et donc impersonnel- à mes yeux… Mais avant cela, il y eut le film qui n’a jamais pu voir le jour, la faute à de nombreuses contraintes. Consacré à Don Quichotte, les souvenirs de tournage deviendront un documentaire au bon succès critique, Lost In La Mancha. Sans compter ses autres travaux, qui semblent être de bon niveau, mais néanmoins méconnus…

Cet aspect de “malédiction” reviendra à la charge pour ce qui nous intéresse aujourd’hui, à la fois pour le desservir et l’enrichir. On en reparlera quelques lignes plus bas.

D’habitude, je commence mes articles de critiques par un résumé de l’histoire. Et si je vous le donnais à présent ?

Synopsis: Le Docteur Parnassus, vieil homme doté de pouvoirs surnaturels, dirige une troupe ambulante, L’Imaginarium, qui convie les gens à voyager dans leur imagination. Pour cela, il peut aussi compter sur Percy, Anton et… Son propre enfant, Valentina ! Mais Parnassus est préoccupé; dans quelques jours, sa fille aura 16 ans, et lui sera enlevé si il ne réagit pas. Peut-être n’aurait-il pas dû faire de pari avec ce Mr. Nick…

Vous êtes encore probablement indécis(e)… Vous vous demandez peut-être à quoi vous devriez vous attendre si vous désirez voir ce film ? Lire ce qui suit vous apportera des éléments de réponse.

Bon, alors par où commencer ?

Évoquons, en premier lieu, l’identité visuelle du film. Ayant vu l’excellent potentiel en la matière avec Les Frères Grimm, j’espérais voir quelque chose de délirant s’imprimer dans mes rétines ! Autant vous dire que je n’ai pas été déçu… Alternant le Londres contemporain des plus convainquant et les scènes insolites de qualité lors des passages dans les imaginaires, ce n’est définitivement pas de ce côté-là qu’il faut chercher des lacunes ! Si cela peut vous éclairer davantage, pensez à Tim Burton, soustrayez-lui cette marque baroque et remplacez-là par quelque chose d’à la fois plus heureux et plus déjanté; vous obtiendrez le style visuel des scènes de l’Imaginarium !

Passons à présent à autre chose (oui, déjà !)… Si on parlait de l’histoire ?

Elle ne recèle pas vraiment de surprise si on devait parler strictement “d’un point de vue papier”. Pas de gros retournements de situation, de suspens, … Pourtant, derrière l’architecture linéaire du script, on a une impression d’inconnu. Pourquoi ? Parce que le tout est abordé différemment d’un autre film ! Le spectateur, conscient des délires visuels des scènes des imaginaires, ne sait pas si les événements vont se produire comme de coutume… Résultat ? Il ne se lasse pas, et suit jusqu’au bout les aventures de ce Docteur !

Cette impression de renouvellement -dans des ficelles pourtant déjà connues !- est renforcée par une idée excellente ! Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on a eu beaucoup de “chance” de l’avoir eu dans le film…

C’est là que je vais revenir sur cette idée de malédiction que j’ai évoqué tout à l’heure. En plein tournage du film, Terry Gilliam et son équipe ont été chamboulés; un des acteurs, tenant un rôle primordial, est mort ! Et pas n’importe lequel : l’Australien Heath Ledger ! Ayant succombé d’une overdose de médicaments, il les quitte alors qu’il restait trois semaines de tournage ! Damned, voilà une nouvelle tuile qui va empêcher l’ex-Monty Python de terminer un film…

Mais le bougre va se ressaisir, et de quelle manière ! Car, voyez-vous, la grande majorité des scènes qui restaient à tourner avec l’interprète du Joker (génial The Dark Knight !) se déroulait dans des imaginaires… Il s’est donc dit que les personnages à l’origine de ces rêveries imagineraient le personnage -de l’acteur décédé- autrement que dans la réalité… Donc, avec d’autres interprètes ! Pour cela, le réalisateur a pu compter sur l’appui de trois autres comédiens, charismatiques qui plus est : Johnny Depp, Jude Law, et Colin Farrell !

Cette idée confère au film un renforcement de son originalité ! Elle prouve également que Mister Gilliam a “profité d’un décès” pour rebondir et rendre son film plus efficace encore !

Laissons à présent parler les notes :

-Réalisation : un Londres contemporain réussi, des imaginaires enjoués, le tout accompli avec ferveur. Terry Gilliam s’est fait plaisir, et ça se voit ! 5/5

-Scénario : un déroulement assez classique, mais le reste fait tellement dans l’originalité qu’on ne crie pas au scandale. 3.5/5

-Performances dramatiques : un autre point fort du film ! L’ultime performance d’Heath Ledger est nickel chrome, mais le reste du casting brille également ! Le niveau est inégal, mais la plupart s’en tirent bien -j’applaudis la performance de Tom Waits en  Mr. Nick !-. Mention tout de même à Johnny Depp, toujours aussi performant ! 4.5/5

-Doublage vocal français : du très bon… Comme de l’irritant (la voix française du personnage d’Anton devient insupportable avec le temps !). 3.5/5

-Bande-son: assez passe-partout, comme pour s’effacer derrière tout le reste. Dommage, ça semblait soigné ! 3/5

Note globale : 19.5/25, soit 15.6/20.


Critique de Lucky Luke

affiche-lucky-luke

affiche-lucky-luke

Edit du 24 mars: corrections mineures

Film de comédie français de James Huth (Hellphone, Brice de Nice)

Scénario de Sonja Shilito (Hellphone), James Huth et Jean Dujardin (Brice de Nice)

Sorti dans les salles le 21 octobre 2009, disponible en DVD et Blu-Ray Disc depuis le 17 mars 2010

Durée de 1 heure 39 environ, générique de fin compris

Avec Jean Dujardin, Michael Youn, Sylvie Testud, Melvil Poupaud, Daniel Prévost…

Synopsis: John Luke, fils d’un ricain et d’une indienne, assiste dans sa jeunesse au meurtre de ses parents par le Gang des Tricheurs. Miraculeusement, il s’en est tiré indemne, ce qui lui a valu le sobriquet de Lucky Luke. Dès lors, le célèbre cow-boy, à qui la chance a toujours souri, s’est mis un point d’honneur à ne jamais tuer qui que ce soit. Aujourd’hui en mission pour le Président des USA, il doit mettre tous les bandits de Daisy Town, sa ville natale, sous les verrous…

Avant de commencer, je tiens à préciser que cette critique n’est effectuée que d’un point de vue au départ neutre, étant donné que je n’ai pas suffisamment de connaissance en la matière pour vous dire si cela s’avère respectueux du matériau d’origine (à savoir la BD dont le film est tiré). Maintenant que ceci est clarifié, débutons à l’instant.

Ce n’est pas la première fois que le personnage de Morris et Goscinny tente d’imposer sa patte au cinéma. Pour tout dire, il s’agit de la troisième tentative (je ne compte pas Tous à l’Ouest, car il s’agit d’un long-métrage d’animation) ! Le premier essai avait donné en 1991 un western de Terrence Hill, qui n’avait que trop peu de rapport avec l’univers d’origine pour convaincre. La seconde chance, c’était dans Les Dalton en 2004, où non seulement il était en retrait, privilégiant ses ennemis jurés, mais en plus, le film en lui-même était qualitativement à la traîne.

Misère de misère, vous dîtes-vous. Deux fois qu’il apparait de chair et d’os, et deux fois où il se vautre lamentablement. De quoi être méfiant en voyant ce troisième projet débarquer ? Surement ! Certaines personnes parmi vous avaient peut-être été rassuré quand vous aviez su qui revenait à la charge cette fois-ci. Tentant de sauver les meubles -et le personnage qu’ils aiment-, le duo Jean Dujardin/James Huth, fort de son succès en 2005 avec le surfeur de Nice, signe Lucky Luke, version 2009. Bien que le cinéma français aille mal, très mal, en ce moment, je me suis dit que ce en serait pas un drame de voir ce que ça pouvait donner, d’autant que je n’avais pas encore vu le cow-boy francophone en chair et en os auparavant. Et si, cette fois, c’était la bonne ?

Concernant le personnage, j’émettais quand même des doutes quant à Jean Dujardin. Le bonhomme est un bon acteur, mais ce rôle était-il vraiment pour lui ? Eh bien, il s’en sort pas mal. Pas mal du tout même ! Alors oui, ce n’est pas sa meilleure prestation, oui, ce n’est pas un Lucky Luke parfait, mais il s’en tire honorablement, là où on pouvait s’attendre à bien pire !

C’était la première chose dont je désirais des réponses avant de voir le film. Ce que je souhaitais savoir ensuite, c’est ce qu’allait donner la transposition à l’écran des idées du trio en charge du scénario. Et il faut le dire, ils sont quand même bien ambitieux: ils comptaient offrir un passé au cow-boy ! Se la jouant presque hollywoodien, la tribu de James Huth voulait que le film repose sur une dualité presque schizophrénique, entre John Luke, homme torturé et à l’enfance volée, et Lucky, le chanceux qui tire plus vite que son ombre et qui dégaine ses cordes vocales en sarcasmes et autre ironie. Seulement voilà, n’est pas Christopher Nolan qui veut ! Là où ce dernier opposait, avec efficacité, Batman à Bruce Wayne dans un génial The Dark Knight, le réalisateur français échoue à cet exercice, télescopant gravement son film ! Pourquoi ça ? On y reviendra plus loin…

Pour l’instant, attardons-nous sur l’aspect comique, le côté Lucky. Il se devait d’être réussi pour pouvoir prétendre avoir signé un bon film sur l’univers de Morris et Goscinny. Et force est de reconnaître que la plupart des gags fonctionne bien. Bien sur, il ne faut pas s’attendre à du grand art en matière de comédie, mais j’ai quand même apprécié le fait que l’équipe ait évité les poncifs du genre. Les registres de comique employés ne dénaturent pas, ne trahissent pas, ne sonnent pas faux en arrière-plan, à défaut d’être complètement dans l’esprit des gags des albums.

Il n’y a donc plus rien à craindre de ce côté-là. Avant de parler du “John Luke side”, intéressons-nous à la technique et au casting du film…

Car, il faut bien le dire, tout le visuel a été des plus soignés ! Le travail sur les costumes et les décors a porté ses fruits, haut la main ! La caméra, quant à elle, fait un travail propre et délivre une très bonne photographie.

Et les acteurs ? Hormis le cas de Lucky Luke déjà évoqué, les comédiens s’en sortent bien. Michael Youn est parfois proche du surjeu en Billy The Kid, mais l’important, c’est qu’il ne franchisse pas la frontière, ce qui est le cas. Même si je suis loin d’être un fan de Sylvie Testud, je dois admettre qu’elle campe parfaitement le personnage de Calamity Jane. Quant à Melvil Poupaud, que je vois pour la première fois, il est un Jesse James irréprochable ! La performance des autres acteurs est, à la manière de Jean Dujardin, bonne sans être extraordinaire.

Voilà, ça y est, nous y arrivons, le terrain de jeu où les anti-Huth et les anti-Dujardin vont pouvoir se donner à coeur joie ! Car, à présent, je vais évoquer le gros point noir du scénario, le genre de point qui handicape grandement le film sans que ce soit la faute à l’équipe technique…

Comme je l’ai dit plus haut, le film mise sur les deux côtés de Lucky Luke pour réussir. Lucky est déjà connu de tous, mais Luke a été conçu de toutes pièces ! En voulant développer le background du personnage pour lui rendre hommage -et lui donner plus d’épaisseur que sur cases-, le trio en charge du scénario s’est mangé un rateau très pointu ! L’idée était plus que louable, mais le résultat est désastreux, surtout en regard des moyens confortables mis à disposition ! Pourquoi donc un tel revers ? Les scènes conçues dans ce sens sont inintéressantes au possible et plombent littéralement le film ! Je n’entrerai pas dans les détails, si vous avez l’occasion de le voir, vous verrez le carnage de vos yeux… Et j’espère qu’ils n’en seront pas énuclés !

Regard, oeil, visuel… Et l’ouie, dans tout ça ? Bruno Coulais nous pond une musique à l’image de quelques jeux d’acteurs: discret mais qui marche pas mal. Quelques chansons de différents horizons viennent étoffer la gamme de notes, mais la bande-son est quand même plombée par les chansons insupportables émanant du personnage de Belle

Parlons-en, justement, de la miss. Un détail qui m’agace prodigieusement -et qui, bien sur, s’inscrit davantage dans le côté Luke-, est la présence d’Alexandra Lamy. Je ne déteste pas non plus l’actrice, mais on sent trop l’ajout supplémentaire du genre “Allez chérie, tu seras aussi la chérie de Lucky Luke dans le film”, comme pour lui faire plaisir… Son personnage est quasiment caduque !

J’évoque les personnages, mais il est aussi dommage de constater qu’ils sont justement, traités de manière inéquitable. Jolly Jumper, le célèbre cheval parlant, par exemple. Je vous rassure, il parle… Durant deux petites scènes -_- Et question fidélité, les fans vont grincer; pas de Rantanplan, ni de Dalton à l’horizon -volontairement occultés pour ne pas faire de l’ombre-…

Au final, ça vaut quoi ? Un essai particulier, car il a la particularité de renfermer deux aspects qualitatifs: le bon film… Et le mauvais. D’un côté, une comédie rafraichissante qui commence à me faire penser qu‘il y a peut-être encore quelque chose à sauver dans le cinéma français; de l’autre, un truc insipide qui ressemble à un scénario de film pour la Fox. Lucky Luke porte sur ses épaules un métissage de qualités et de défauts. Le contraste pourrait en freiner plus d’un…

-Réalisation: décors et costumes impeccables, et James Huth maitrise sa caméra. 5/5

-Scénario: terriblement en dents de scie. Porte difficilement sur ses épaules la dualité entre le Luke torturé et le Lucky comique et ironique. L’intention d’épaissir le personnage était louable, mais certains passages du film deviennent carrément à la frontière du supportable ! De même, le traitement des personnages est inégal… Si je ne devais employer qu’un seul adjectif, ce serait: déséquilibré. 2/5 (0/2.5 pour les parties Luke, 2/2.5 pour les passages comiques)

-Performances dramatiques: mes craintes sur Jean Dujardin dans ce rôle se sont avérées à moitié vrai. A défaut d’être transcendant, il campe bien son rôle. Les autres s’en sortent assez bien (Youn n’est pas loin du surjeu, excellente Testud, Melvil Poupaud impeccable). 3.5/5

-Doublage vocal français: euh… C’est un film français x) Non noté.

-Musique et bruitages: la partition de Bruno Coulais, assez passe-partout mais sympathique, est appuyé par quelques musiques issues de différents horizons (on peut percevoir un clin d’œil à Terminator 2 !), mais n’échappe pas à des chansons plus qu’horribles que nous gratifie le personnage de Belle… Les sonorités remplissent leur rôle comme il se doit. 3/5

Note globale: 13.5/20, soit… 13.5/20 !


Critique de The Box

The Box, affiche française

The Box, affiche française

Edit du 24 mars: critique revue et corrigée

Film américain de Richard Kelly (Donnie Darko, Southland Tales)

Scénario de Richard Kelly, d’après la nouvelle Le Jeu du Bouton de Richard Matheson (auteur de classiques de la science-fiction tels que Je Suis une Légende)

Sorti dans les salles françaises le 4 novembre 2009, disponible en DVD et Blu-Ray Disc depuis le 4 mars 2010

Durée de 1 heure 51 environ, générique de fin compris

Avec Cameron Diaz, James Marsden, Frank Langella…

Pas de synopsis (à vous de le découvrir en visionnant le film !)

Je ne connaissais pas Richard Kelly. Je savais seulement que le bougre s’acharnait à ne pas s’insérer dans le carcan hollywoodien-ce qui m’a tout de suite intéressé !-, et qu’il amenait bien souvent ses idées à terme. 4 films seulement à son actif… Il se fit connaître grâce à son deuxième, Donnie Darko, qui fut acclamé par une communauté de fans. Southland Tales a nettement divisé tout le monde… Et voilà qu’aujourd’hui, The Box sort sur nos écrans plats. Et j’allais pouvoir faire d’une pierre deux coups !

Non seulement, j’allais pouvoir faire connaissance avec M. Kelly, mais en plus, j’allais retrouver en images la nouvelle de Richard Matheson. En effet, il se trouve que lors de mon cursus scolaire, j’ai eu affaire au Jeu du Bouton, qui est tout simplement excellent. Je ne vous cache pas qu’alors, je fus plus qu’impatient de le redécouvrir de chair et d’os ! C’est alors chaud bouillant que je découvris les premières minutes du film…

Le générique de fin est là, et j’ai pris une grosse claque cinématographique. Tout simplement. Il y avait bien longtemps que je n’avais pas subi de revers aussi agréablement douloureux !

Mais par où commencer ? Par l’histoire ? Soit. Mais c’est bien parce que vous me le demandez…

Si on comparait le film avec la nouvelle originelle, on décèlerait pas mal de différences. Il faut dire que l’œuvre de Matheson rentrait plus rapidement dans le vif du sujet, pour se montrer plus efficace. Ici, Richard Kelly prend le temps qu’il faut pour poser pertinemment la situation initialeLe réalisateur fait preuve de choix judicieux, parvenant à transformer quelques paragraphes intenses en un film de 105 minutes méliorativement chargé.

Il m’est difficile d’en parler, tant il est à la fois bourré de qualités et de particularités. Pour tout dire, la première édition de cette critique invitait déjà à s’intéresser aux notes après le paragraphe ci-dessus !

Si il y a un point sur lequel il faudrait insister, ce serait l’ambiance. Le contexte nous plaçant dans les seventies, elle se devait d’être un minimum proche de cette période-là… Et là, sans fausse note, Richard Kelly vient nous coller une baffe casse-mâchoire ! La photographie est vraiment magnifique, distillant à la fois un cadre réaliste sublimé et un sentiment de rêve éveillé. Quant à la musique, composée par des spécialistes du genre, elle est plus qu’inséré dans le cadre temporel; pour tout dire, on a presque l’impression que la bande-son a été composée il y a une quarantaine d’années de ça !

Cependant, des détails m’interpellent. Par exemple, vous vous rendrez compte que la misogynie y est trop présente, ce qui m’a d’ailleurs surpris de la part de Richard Kelly… Ensuite, notamment en comparant avec la nouvelle dont The Box est tirée, on s’aperçoit de certains partis pris qui peuvent heurter certaines personnes… Enfin, mais ça ne concerne le film qu’indirectement, je pointe du doigt la campagne marketing du film, qui tend à le vendre comme un produit hollywoodien alors que c’en est pas un… Quand je vois le spot TV qui le montre comme un thriller avec une musique tirée de la saga Saw, je ris jaune…

Si certaines décisions prises pour le scénario peuvent soulever des protestations diverses, je vous recommande le visionnage de ce film, ne serait-ce parce qu’il prend à contre-pied tout ce qui se fait à Hollywood en ce moment… Vous serez plus à même de cerner ce que j’insinue après l’avoir vu…

-Réalisation: Bon sang de bonsoir ! Du cinéma net, sans bavure et audacieux ! Une photographie de toute beauté et de bons effets spéciaux viennent sublimer un travail d’orfèvre ! 5/5

-Scénario: Richard Kelly s’est approprié la nouvelle de R. Matheson avec une telle aisance ! Une transposition intelligente de l’œuvre originelle, avec beaucoup d’ajouts, pour un résultat magistral. 5/5

-Performances dramatiques: Frank Langella transpire le charisme, c’est plus qu’évident. James Marsden est très convaincant, et les seconds rôles sont très bons. Carton rouge pour Cameron Diaz, parfois proche du surjeu ! 4.5/5

-Doublage vocal français: Un très bon casting vocal qui ne vient jamais enticher le travail de Richard Kelly, malgré que Barbara Tissier ait été forcée de coller au jeu d’actrice de Cameron Diaz… 5/5

-Musique et bruitages: une bande-son parfaitement dans le ton des seventies (les évènements se déroulent en 1976). Là encore, du tout bon !!!! 5/5

-Les plus mieux meilleurs: beaucoup de choses, notamment l’ambiance, le scénario travaillé, sa chute mémorable…

-Les pires pas mieux défauts : misogynie trop présente, la campagne publicitaire qui présente le film d’une bien mauvaise façon…

Note globale: 24.5/25, soit 19.6/20 (la perfection n’existe pas, que voulez-vous !)

P.S: avant de visionner The Box, je vous recommande de lire la courte nouvelle Le Jeu du Bouton, facilement trouvable sur Internet… Même si le film diverge sur quelques points, la comparaison peut être intéressante…


Critique de Pandorum

Affiche française du film

Affiche française du film

Film de science-fiction américain de Christian Alvart (Le Cas 39, Antibodies)

Scénario de Travis Milloy (Street Gun), sur une idée originale de Christian Alvart et Travis Milloy

Sorti dans les salles françaises le 30 septembre 2009, sortie du DVD et Blu-Ray Disc le 16 février 2010

Durée de 1 heure 37 environ (générique de fin non compris)

Avec Dennis Quaid, Ben Foster, Antje Traue, Cam Gigandet…

Synopsis: Le Caporal Bower se réveille d’une phase d’hyper-sommeil sur le vaisseau spatial Elysium. Plongé dans l’obscurité, il est victime d’amnésie. Il va réveiller son Lieutenant, Payton, qui n’a plus aucun souvenir également. Ses compétences de mécanique aidant, Bower part réparer le générateur, situé à l’autre bout de ce vaisseau, avant qu’il ne soit trop tard… Sa route croisera celle de dangereuses créatures cannibales, mais aussi celle de survivants déterminés. Parviendront-ils à sauver leur peau à temps et résoudre le mystère de l’Elysium ?

Il s’agit du genre de film qui passe inaperçu dans un premier temps. En effet, le raz de marée 2012 ne lui avait laissé aucune chance de reconnaissance ! L’injustice est à présent réparée… Chapeautée par Paul Anderson et Jeremy Bolt, producteurs habitués à ce genre de film, cette production est à la croisée de plusieurs films du même acabit, le plus évident étant probablement Event Horizon, film signé en 1997 par… Paul Anderson ! La boucle est bouclée…

Avant de continuer, vous aimeriez peut-être savoir ce que c’est que le Pandorum ? Eh bien, c’est le nom attribué à une personne manifestant des troubles psychologiques lors d’un voyage spatial, l’isolement, la solitude et la claustrophobie entrainant paranoïa, hallucinations et saignements de nez. C’est l’une des vedettes de Event Horizon, et sans spoiler, vous vous doutez bien que ça va ici revenir à la charge… Mais si le film ne traitait que de ça, qu’est-ce qui distinguerait ce film de celui d’Anderson ? Alors que le film de 1997 confronte seulement l’Homme à lui-même, Christian Alvart ajoute d’autres éléments perturbateurs… Des créatures humanoïdes et cannibales ! Concoctées par le studio Stan Winston, ils sont à la croisée des zombies de Resident Evil et des prédateurs de la saga Alien ! Vous l’aurez compris qu’on a pas besoin d’aller plus loin pour affirmer que le film renvoie à plusieurs classiques…

Je ne sais pas trop quoi dire à propos de ce film, à part qu’il m’a agréablement surpris, car, bien que peu terrifiant à mes yeux, m’a fait passé un bon moment avec son bon scénario, son ambiance sombre (claustrophobes s’abstenir !)… Les notes devraient en dire long sur mon avis:

-Réalisation: pas mal de mini-ellipses, c’est assez déstabilisant et peut être perçu comme des maladresses. Le tout reste bon cependant, malgré des scènes d’action parfois confuses. 4/5

-Scénario: incontestablement un bon point. Certains n’apprécieront pas certains poncifs qui ressurgissent, mais le tout est bien mené et il y a des surprises. 4/5

-Performances dramatiques: positif dans l’ensemble, mais pas mémorable non plus. Ça fait plaisir de voir Dennis Quaid dans un tel rôle ! 3.5/5

-Doublage vocal français: des voix connus au service du film, ce n’est pas pour déplaire. 4/5

-Musique et bruitages: ils contribuent efficacement à cet ambiance excellente. 4/5

-Les plus mieux meilleurs: l’ambiance, le scénario, les créatures, les révélations finales…

-Les pires pas mieux défauts: séquences d’action parfois hachées, pas complètement original.

Note globale: 19.5/25, soit 15.6/20.


Critique de 2012

Affiche française du film

Affiche française du film

Film catastrophe américain de Roland Emmerich (Le Jour d’Après, Independence Day)

Scénario de Roland Emmerich et Harald Kloser (10 000)

Sorti dans les salles françaises le 11 novembre 2009, sortie du DVD et Blu-Ray Disc aux alentours de mars 2010

Durée de 2 heures 40 environ

Avec John Cusack (La Ligne Rouge, Les Ailes de l’Enfer), Chiwetel Ejiofor (Inside Man, American Gangster), Oliver Platt (Docteur Doolitle, L’Homme Bicentenaire), Danny Glover (la saga Arme Fatale, Saw), Woody Harrelson (Sept Vies, Bienvenue à Zombieland)…

Synopsis: on en a franchement besoin ?

C’était le film événement de cette fin d’année. Le teuton Roland Emmerich, qui avait déjà retourné le globe par des extraterrestres (ID), un lézard radioactif (Godzilla) ou par une congélation gigantesque (Le Jour d’Après), rempile avec sa vision du monde ravagé par une prédiction ancestrale. Après un 10 000 toujours bien réalisé mais trop peu cohérent et bizarre, le sieur catastrophe revient sur des terres qu’il maitrise nettement mieux. On sait que la plupart de ses films à succès repose avant tout sur des effets spéciaux dantesques (ce qu’Uwe Boll, l’Ed Wood allemand des années 2000, ne manquait pas de critiquer…), ce que 2012 ne contestera pas. Bien au contraire, le film est à la fois une parfaite démonstration et une pure synthèse du travail du cinéaste allemand. Explications.

Comment parler de ce film sans évoquer les effets spéciaux. Et comment pourrait-on les blâmer ! Impressionnant de détail, de justesse et de précision, ils atteignent ici un niveau incroyable. Je pense en particulier aux mouvements de vagues (vous pouvez en avoir un aperçu sur l’affiche ci-contre) d’un réalisme saisissant (quel travail monstre pour faire ça !)… C’est le point fort du film (encore heureux, c’est un film catastrophe !), mais quel point ! Ça fait vraiment plaisir de voir que l’équipe ne s’est pas retenue… Mais n’allez pas croire que le film fait immédiatement dans du rentre-dedans !  La patte du réalisateur se ressent dès le départ; en effet, il prend le temps qu’il faut pour installer son univers et ses protagonistes. Comme toujours avec le teuton, on a un jeu d’acteurs soigné (c’est la première fois que je voyais Chiwetel Ejiofor dans un film, et ça fait plaisir de voir un acteur aussi impliqué); et malheureusement, comme toujours avec sieur Emmerich, on a le droit aux stéréotypes désagréables.

Et oui, il a des défauts, le film événement de l’année (non, les filles en rut, ce n’est pas votre bel Edward, l’attraction de fin 2009… Oh la vache, il a déjà battu 2012 au Box Office ! Misère…) ! Et le défaut principal est toujours le même depuis quasi tous ses films (si ce n’est tous), à croire qu’il n’en fait qu’à sa tête… Les personnages qu’il implique dans l’histoire sont clichés et porteurs d’une idéologie qui fait trop de ce film un produit américain… On retrouve le père de famille (américain) divorcé qui doit reconquérir l’estime de son fils (américain), la mère de famille (américaine) qui ne sert qu’à protéger ses enfants (américains), la fille (américaine) qui ne fait qu’écouter ses parents (devinez leur nationalité)… Pour résumer, la famille américaine selon Emmerich (allemand), c’est le père qui agit et les autres qui suivent [le sexe féminin (américain) est parfois même vu comme encombrant...] Et encore je me suis arrêté à la famille américaine ! Parce que je pourrais évoquer la famille présidentielle (américaine), les politiciens (américains) qui échafaudent des plans dans le dos de la population (américaine), les scientifiques (américains) qu’on écoute que quand c’est trop tard… J’aurais pas été contre que le réalisateur ose renouveler ces mécanismes. D’autant plus que quelque part, cela handicape gravement le film; en effet, le 21 décembre 2012 va, selon les mayas, plonger dans la destruction… Le monde entier ! Alors pourquoi ne voit-on que les Etats-Unis de ravagés ? Et le Vieux Continent ? L’Amérique du Sud ? L’Océanie ? Pour limiter les dégâts de ce côté-là, sieur Emmerich a quand même pris quelques mesures… Ainsi, on verra quelques présidents  (fictifs, mais pas américains) de divers pays (quoi de mieux qu’un petit G8 pour les faire apparaître…). Mais on aurait bien voulu voir la Tour Eiffel tomber, la Sagrada Familia se briser, Big Ben s’effondrer… Rien de tout ça, car un film de Roland, c’est un film à la vision étriquée où le monde est reflété par les seuls USA. Ça laisse un sale goût dans le bouche, qui s’évapore aussitôt que la vague d’effets spéciaux vienne s’imprégner dans nos rétines de cinéaste imbécile pour comprendre que l’Amérique, c’est trop bien… Petite chose que j’ai quand même apprécié dans ce déluge de clichés pro-américains: le Président des USA est ici désarmé et se préoccupe de la population (certes, c’est toujours comme ça dans un film du teuton, mais ça change des présidents superhéros…)… Américaine, of course.

Oui je sais, c’est amusant de voir que le paragraphe des défauts soit plus gros, mais cela n’empêche pas le film de rester très amusant. Les effets spéciaux devraient suffire à vous convaincre ;)

-Réalisation: euh, je pense que vous avez saisi d’avance la note que je vais attribuer… 5/5

-Scénario: situation initiale bien posée et qui prend son temps, pas mal de tensions lors des scènes de catastrophe, personnages clichés au possible et pro-américanisme de rigueur. 3.5/5

-Performances dramatiques: j’étais assez perplexe quant à la présence de John Cusack… Heureusement, il y a de quoi se tromper. Bon jeu global. 4/5

-Doublage vocal français: assez craintif là-dessus, mais au final, là aussi ça passe très bien ! 4/5

-Musique et bruitages: musique martiale et juste, bruitages immersifs. 4.5/5

-Les plus mieux meilleurs: effets spéciaux, ambiance sonore, jeu d’acteurs, de l’humour, situation initiale qui s’installe en douceur…

-Les pires pas mieux défauts: “vive l’Amérique”, clichés emmerichiens en puissance, fin un peu trop gentille, autres pays sous-traités (parfois à peine cités !)…

Note globale: 21/25, soit 16.8/20.


Critique express de Terminator: Renaissance

Affiche française du film

Affiche française du film

Film d’action science-fiction anglo-germano-américain de McG (les Charlie’s Angels)

Scénario de John Brancato (Clones, Catwoman), Michael Ferris (Clones, Terminator 3, The Game) et Jonathan Nolan (The Dark Knight, Le Prestige), sur un script de Trudy Ramirez (premier travail)

Sorti dans les salles françaises le 3 juin 2009, disponible en DVD et Blu-Ray Disc le 19 novembre 2009

Durée d’une heure 42 environ (générique de fin non compris)

Avec Christian Bale (The Dark Knight), Sam Worthington (prochainement dans Avatar et Le Choc des Titans), Anton Yelchin (Star Trek version 2009), Bryce Dallas Howard (Spiderman 3, Le Village), Helena Bonham Carter (Harry Potter et le Prince de sang-mêlé)…

Synopsis: 2003. Tandis que le Jugement Dernier se rapprochait dangereusement, un condamné à mort du nom de Marcus Wright accepte de donner son corps à la science… 2018. Comme chacun le sait, le Jugement Dernier s’est produit, au grand dam de John Connor, leader prophétique de la Résistance, qui avait tout fait pour l’empêcher. Mais c’était seulement retardable… Le programme autonome de défense militaire de l’armée, Skynet, avait pris les commandes et s’employait à éradiquer sa plus grande menace: l’humanité tout entière. Ce jour du Jugement Dernier, la moitié de l’espèce humaine a été rasée par des attaques nucléaires. L’autre moitié s’est depuis organisée pour lui résister. Mais ce n’est pas le futur contre lequel Sarah Connor, la mère de John, avait mis en garde… Il n’est pas le leader incontesté, bien qu’il reste un sauveur aux yeux de nombreux résistants. De plus, la Résistance ne peut pas gagner cette guerre si ça continue ainsi. Mais une découverte pourra peut-être tous les sauver…

La saga Terminator, initiée par James Cameron, voit ici son quatrième épisode voir le jour. Point de départ d’une nouvelle trilogie, elle prend le relais après un troisième opus très sympathique mais en-deçà de ses prédécesseurs, considérés encore aujourd’hui comme des piliers du film de science-fiction. Mais que vaut cette Renaissance ?

Il est vrai qu’on pouvait s’inquiéter quant au projet, quand on voit qui le réalise… McG n’avait réalisé que deux longs-métrages plutôt quelconques, ce qui n’était pas tout à fait rassurant. Eh bien force est de reconnaitre que le bonhomme a une très bonne maitrise de la technique. Il sait manier la caméra, et pas qu’un peu, puisqu’il ouvre l’ère 2018 avec deux plans-séquences dantesques et parfaitement contrôlés ! On remarquera les effets spéciaux amplement réussis, avec des Terminator au poil et un bon matte-painting global (on fera une minute pour feu Stan Winston, le génial marionnettiste décédé durant le tournage…). ILM ne déroge pas à sa réputation de maître des FX… Côté interprétation des acteurs, c’est du bon boulot, hormis quelques hics. Premièrement, bien qu’ils s’en sortent très bien tous les deux,  j’aurais plus vu Bale interpréter le rôle de Worthington et inversement. Deuxièmement, j’ai pas trop aimé qu’on ait donné le rôle de Katerine Brewster-Connor à Bryce Dallas Howard, trop gentille pour un rôle de femme déterminée qu’on avait vue dans Terminator 3 (à ce titre, j’aurais bien revu Claire Danes…). En revanche, Anton Yelchin est vraiment une très bonne surprise, et sa ressemblance avec un personnage vu dans le premier Terminator (normal, vous comprendrez…) devrait interpeler pas mal d’entre vous… A ce titre, on appréciera les nombreux clins d’oeil faits à la première trilogie (dommage que ça ne va pas plus loin). Le scénario, bien qu’un peu faiblard et prévisible par moments, reste sympa. L’ambiance générale lorgne vers les Mad Max, ce qui peut paraitre peu fidèle à la vision Cameronique du futur. Mais comme déjà dit, ce futur n’est pas exactement le même… En bref, un très bon divertissement, mais qui reste un peu creux dans son scénario et qui n’apporte pas grand chose à l’univers.

-Réalisation: nul besoin de disserter là-dessus: techniquement parlant, McG assure ! 5/5

-Scénario: creux, mais bourré de clins d’oeil, action explosive mais l’univers n’est pas plus étoffé. 2,5/5

-Performances dramatiques: bon jeu d’acteurs global (très bon Anton Yelchin), Bryce Dallas Howard a un rôle pas taillé pour elle, et Bale et Worthington auraient du échanger… 3/5

-Doublage vocale français: du bon boulot, mais manquant peut-être un peu d’audace. 3,5/5

-Musique et bruitages: bande-son en retrait dans les musiques, bruitages efficaces. 3/5

Note globale: 17/25, soit 13,6/20.


Critique de Harry Potter et le Prince de sang mêlé

Affiche française du film

Affiche française du film

Film fantastique anglo-américain de David Yates (Harry Potter et l’Ordre du Phoenix)

Scénario de Steve Kloves (les quatre premiers Harry Potter)

Sorti dans les salles le 15 juillet 2009, disponible en DVD et Blu-Ray Disc le 18 novembre 2009

Durée de deux heures 24 environ (générique de fin non compris)

Avec Daniel Radcliffe (tous les HP), Rupert Grint & Emma Watson (tous les HP), Michael Gambon (tous les HP à partir du 3), Alan Rickman (tous les HP, Die hard, Robin des bois-Prince des voleurs)…

Synopsis: Harry Potter a une nouvelle fois vu un de ses proches mourir; son parrain Sirius Black a passé l’arme à gauche, et celui qu’on nomme l’Élu n’a désormais plus de famille (excepté peut-être sa tante Moldu). A l’heure où le monde de la magie ose enfin s’organiser pour lutter contre les forces de Lord Voldemort, Harry reçoit la visite d’Albus Dumbledore, légendaire sorcier seul capable de battre le seigneur des ténèbres en duel. Le directeur de Poudlard aura besoin de l’aide de l’Élu tout au long de l’année pour percer à jour le secret terrifiant de Voldemort. Mais cette année, un terrifiant adversaire menace plus que jamais les élèves: l’adolescence ! Les conquêtes sentimentales fusent, et aucun n’y échappera… Sauf Drago Malefoy, qui va manigancer ce qui conduira à l’ébranlement non seulement de Harry, mais aussi de Poudlard tout entier…

Rah quel déchirement, quel tourment, quel torture ! Nous sommes ici en présence du meilleur film Harry Potter de la série, entaché par des défauts qui prennent ici une ampleur plus grande que précédemment. Explications.

Le sixième tome de la série est l’un des plus appréciés des fans (à juste titre). Après avoir signé un cinquième opus tout à fait convainquant (d’autant plus quand on sait que L’Ordre du Phoenix est le tome le plus difficile à transposer au cinéma !), le réalisateur David Yates (également en charge de l’adaptation en deux parties de l’ultime volet, à venir en fin 2010 et été 2011) rempile et cette fois change quelque peu ses objectifs. Ainsi, le scénariste Steve Kloves (qui avait signé de bonnes adaptations des quatre premiers tomes, mais qui n’a pas participé au cinquième volet) revient dans l’équipe du film. L’orientation prise par les deux hommes peut déconcerter: David Yates décrit cette sixième année comme celle du triptyque “sex, drugs & rock’n roll” ! Il explore donc les aspects de l’adolescence (légèrement traités auparavent), et il faut avouer que c’est plutôt audacieux de sa part ! D’autant plus que son initiative est risquée, car explorer “l’âge bête” peut mettre en recul l’univers magique. Mais il faut avouer que ce n’est pas tellement le cas. Mais le tandem se montre encore plus audacieux par la suite, car comme pour palier à l’absence de certaines scènes du livre (ADAPTATION oblige), ils en ont rajouté deux ! Bien qu’elles ne soient pas très indispensables, on ne dit pas non à ce genre d’initiative. L’essentiel du livre est retranscrit comme il faut (bon boulot, Steve !). Mais il y a un hic, parfois très gênant: sans être “fourre-tout”, le film aborde de nombreuses choses; parfois c’est superficiel, et parfois c’est travaillé en profondeur. Un tel déséquilibre peut paraitre désagréable. En revanche, il est plaisant de voir que cet épisode se montre ténébreux par moments (la fin est la plus pessimiste de tous les HP jusqu’à présent ! Et ce, malgré la petite séquence de transition avec le dernier opus qui suit peu après…), et l’humour fait mouche à chaque fois^^ Les effets spéciaux sont toujours aussi soignés, le montage propre. Ce qui frappe également sur ce sixième Harry Potter, c’est la photographie. Bruno Delbonnel a fait un travail somptueux ! L’image est “magique”, les couleurs alternent entre ténèbres et lumière… Non, vraiment magnifique ! La partition musicale est d’ailleurs du même acabit (sur le cinquième HP, c’était un peu transparent). L’interprétation des acteurs est toujours aussi bonne, et les nouveaux s’en sortent bien (très bon Jim Broadbent en Horace Slughorn !). Mention spéciale à Tom Felton, très bon en Malefoy meurtri par le choix ! Ternissons le tableau en évoquant les défauts de ce prince “métisse”…

D’abord, il y a ce sentiment de fourre-tout, évoqué tout à l’heure, qui gâche un peu le plaisir. Mais le plus flagrant: pourquoi ne pas avoir fait un film de trois heures et plus ? Ces deux heures 24 sont bien trop juste pour transposer le sixième volet ! Cela aurait permis une plus grande fidélité et l’approfondissement de certaines choses à peine évoquées… Le cinéma a déjà montré que le public est capable de rester plus de trois heures dans une salle, alors pourquoi ne pas avoir osé !!!!?????

-Réalisation: David Yates est en bonne forme, soyez rassuré(e) ! 4/5

-Scénario: difficile de transposer un matériel aussi riche en seulement 144 minutes, et Steve Kloves en fait partiellement les frais… De très bonne facture sinon. 3.5/5

-Performances dramatiques: comme d’habitude, on a le droit à un jeu d’acteurs pertinent, et certains brillent particulièrement. 4.5/5

-Doublage vocale français: le même très bon niveau que d’habitude, malgré le remplacement des voix de McGonagall et d’Hagrid. 4/5

-Musique et bruitages: brillante partition de Nicholas Hooper, qui sort enfin de son cocon. Des bruitages sympa et punchy. 4/5

-Les plus mieux meilleurs: jeu d’acteurs, la photo du film sublime, l’orientation prise par David Yates, la musique, scénario large…

-Les pires pas mieux défauts: … mais qui, à trop ratisser, survolent certaines choses, durée du film trop étroite pour un bouquin aussi riche, traitement inégale en profondeur des personnages (Hagrid seulement dans deux scènes !), alternance entre scènes comiques et séquences sombres parfois difficile, scènes ajoutées manquant d’intérêt (mais on salue l’initiative)…

Note globale: 20/25, soit 16/20.


Critique de Matrix: Dezionized

Jaquette du film

Jaquette du film

Films originaux: Matrix: Reloaded et Matrix: Revolutions.

Films d’action américains écrits et réalisés par Andy & Larry Wachowski (Bound, Speed Racer).

Sortis en 2003.

Durées respectives de 2 heures 18 et 2 heures 9 minutes, soit 4 heures 27 minutes au total.

Vous devez surement vous poser des questions, et ce à juste titre. Serait-ce un quatrième Matrix ? Un Matrix secret ? Nous aurait-on caché la vérité ? Mais non… Certains l’ont peut-être compris à la vision des quelques lignes ci-dessus: ce n’est pas un nouveau Matrix, et on nous a rien caché, ni la vérité, ni un quatrième opus. Soufflez un bon coup.

Vous savez surement ce qu’est Matrix, à savoir une trilogie cinématographie de science-fiction qui amène à réfléchir en plus de proposer de bien jolies scènes d’action et d’FX. Le premier a fait l’effet d’une bombe quand il est sorti. Normal. Puis, quelques temps après, Matrx: Reloaded débarque, et se clame plus mieux meilleur que le premier. On voudrait bien y croire… Mais hélas, c’est pas le cas. Pourquoi ? Il y a de l’action dantesque oui, il y a toujours d’excellents FX, oui… Dans cette volonté de faire plus et de développer leur univers, les frères Wachowski ont fait des scènes au mieux compliquées (ah, l’Architecte, il connait pas les choses simples…), au pire chiantes et sans intérêt (on y reviendra). Bref, le film s’étale en longueur et est sauvé de justesse grâce à ses scènes d’action spectaculaires… De ce point du vue là, c’était bluffant, et aujourd’hui encore, on peut être étonné. Six mois plus tard, la conclusion de la trilogie sort sur les écrans. Sa mission ? Faire oublier des passages de Reloaded et proposer la quintessence de l’action avec un grand A.  De la bonne volonté, surement. Ça se concrétise ? Aie… Non. On laisse de côté les scènes d’action toujours aussi bonnes, bien entendu… Des scènes du 2 étaient compliquées ? Elles ont été ici tellement simplifiées (ou presque) que voilà, il y a ces scènes, mais bon, à part diriger le fil de l’histoire, elles sont pas bien utiles, c’est un peu de blabla dans le vent. Des scènes du 2 étaient chiantes ? “On a qu’à les laisser, histoire de dire que c’est la suite de Reloaded”; c’est surement ce qu’ils ont du se dire à ce propos. Il y en a moins, oui. Mais ça excuse pas tout. Figurez-vous qu’un point commun unit ces scènes pénibles et affligeants, du 2 et du 3: elles se passent toutes dans la ville de Sion (Zion chez les ricains). Seule véritable ville en-dehors de la Matrice, lieu de véritable vie pour 250 000 “débranchés” et autres “purs” (les enfants de “débranchés”, qui donc n’ont pas mis les pieds dans la Matrice de leur vie), il s’agit d’une ville seulement évoquée dans le premier Matrix, et le fait de ne pas la voir entretenait notre imaginaire. Voici ce qu’on du se dire les frères: “bon, vu que le premier a marché, on va casser le mythe pour emmerder le peuple tout en lui sucrant des sous, et on va leur montrer Zion”. Chouette, merci les mecs. En plus d’être minables, ces scènes démystifieurs de mythe se montrent sans intérêt et n’ajoutent rien à ce que l’on pourrait supposer qu’il y soit fait ceci ou cela. On s’imagine très bien tout ce qui se concrétise à l’écran ! Résultat pour le 2 ? On maudit le film, et les critiques ont été acides; le public ferme les yeux sur ces horreurs et vient voir les bien jolies scènes d’action. Résultat pour le 3 ? Reprenons les propos de l’Architecte, déformés grandement: “les scènes d’action étaient parfaites; une vraie œuvre d’art, irréprochable, sublime; un triomphe qui n’eut d’égal que les scènes pathétiques de Sion…” Comme quoi, il est pas toujours dur à piger… Pour que les spectateurs s’intéressent un petit peu à Sion (tache ardue), les deux frangins se sont dits qu’il va s’y montrer un gros fightAmplement dispensables, les séquences d’action à Sion sont banales et n’arrivent même pas ne serait-ce qu’à égaler les plus mauvaises scènes de la trilogie.

Bref, vous l’aurez compris (mais vous le savez peut-être déjà…), les deux derniers volets de Matrix étaient sévèrement handicapés. N’en jetons plus, une équipe de fanedit tente de remédier à ce fâcheux désastre. Un fanedit est une production se basant sur un film, mais remontée par une équipe amateure. Le résultat est parfois bon, parfois pire. Une team assez connu dans le domaine nous pond ce Matrix: Dezionized, concentré de Reloaded et de Revolutions. Quelles sont les retouches effectuées ? Les voici:

-Suppression du flash-forward (les flash-back, ça renvoie à des scènes antérieurs; bin là, c’est un renvoi à du postérieur) qui servait d’ouverture à Matrix: Reloaded, remplacé par la séquence de fin Matrix (quand Neo avertit la Matrice par téléphone)

-Suppression de la séquence “Fais-moi confiance” entre Morpheus et Link

-Suppression de toutes les séquences concernant Sion, et ce des deux films (une petite scène a été laissée, celle où Neo reçoit la disquette pour l’Oracle, nécessaire pour faire la transition)

-Suppression de la séquence de la “résurrection” de Trinity

-Suppression de la séquence de Niobe voyageant vers Sion

-Suppression d’un maximum de dialogues concernant les habitants de Sion et des stratégies de combat de la cité

-Suppression de la séquence où Trinity évoque des passages du flash-forward

-Suppression de la séquence du dialogue entre Rama Kandrar (le père de Sati) et Neo

-Raccourcissement du combat entre Neo et la centaine d’agents Smith

-Raccourcissement du combat entre Neo et les gardes du Mérovingien

-Raccourcissement du passage sur l’autoroute

Ça fait pas mal de suppressions et de raccourcissement, tout ça. Au total, 2 heures ont été supprimés, et une minute en provenance du premier film a été ajoutée !

Le film dispose d’une durée de 2 heures 23 !

Globalement, le choix des suppressions est judicieux, le boulot de montage est plutôt satisfaisant, malgré des raccords quelques fois difficiles (parfois, ça se voit un peu trop que c’est du montage). La pilule (rouge) passe beaucoup mieux, sans toutes ces satanés scènes de Sion. Un défaut mineur apparait avec ce nouveau montage: La partie concernant Reloaded est très rythmé, la section Revolutions ne dispose pas du même rythme et ça renforce l’aspect artificiel du travail. Mais bon, un travail qui efface les sérieuses lacunes des “vrais” films, c’est toujours preneur !


Critique de l’Age de Glace 3: Le Temps des Dinosaures

Affiche française du film

Affiche française du film

Comédie américaine de Carlos Saldanha (L’Age de Glace, L’Age de Glace 2) et de Mike Thurmeier (Horton, en tant que directeur de l’animation, No Time For Nuts)

Scénario de Michael Berg (L’Age de Glace), Peter Ackerman (L’Age de Glace), Mike Reiss (Les Simpson: le film) et Yori Brenner (premier travail).

Sorti dans les salles françaises le 3 juillet 2009.

Durée de 1 heure 30 environ.

Avec les voix françaises de: Elie Semoun (Sid le paresseux), Gérard Lanvin (Manny le mammouth), Vincent Cassel (Diego le tigre à dents de sabre), Christophe Dechavanne (Crash l’oppossum)…

Synopsis: la joyeuse horde est sur le point de préparer un événement important: Manny et Ellie sont sur le point de devenir parents ! Sid désespère à cette idée, car lui-aussi aimerait  être papa/maman… Diego ramollit à froce de ne plus chasser très souvent, et pense qu’il va devoir quitter la horde pour retrouver sa fougue d’antan. Sid, bien décidé à fonder une horde suite à la dislocation de celle de Manny,  trouve accidentellement des oeufs et décide de les couver. Seulement, il fallait bien qu’ils éclosent… Bien sur, en attendant, Scrat court toujours après sa noisette (faut pas dire gland, c’est vulgaire), sauf que cette fois, une femelle rivale fait son apparition: Scratina ! De multiples surprises et dangers attendent notre bande d’animaux cinglés, qui vont devoir récupérer Sid, kidnappé par la maman des oeufs et emmené dans un monde perdu… Et bien sur, cette mère est une dinosaure.

Difficile de résumer en un synopsis un film aussi dingue ! Un festival de délire sur patte ! Le film s’ouvre sur des péripéties scratiennes, puis la situation initiale concernant la horde débute. Hormis Scrat, le début n’est pas franchement délirant, et se contente de poser calmement les enjeux de l’intrigue. Le film gagne cependant progressivement en humour et on retrouve rapidement la patte de la série: une animation burlesque aux petits oignons, des situations extravagantes, un humour ravageur… Et un Scrat malchanceux et hilarant, renforcé par le personnage, tout aussi comique, de Scratina ! Le scénario ose plus que ses prédécesseurs et introduit un nouveau personnage bien sympathique: Buck la belette ! Un brin fou, cet enthousiaste sait se défendre contre les puissants prédateurs… D’une durée un peu courte, on se marre bien devant cette aventure familiale. Néanmoins, comme le deuxième volet de la désormais trilogie, L’Age de Glace 3 n’a pas autant d’impact émotionnel que le premier volet, moins drôle mais auquel le spectateur s’attachait facilement au bébé humain. Ici, on ne fait que rire; pas d’anxiété, pas de larmes, que du rire, qui est cependant terriblement plus efficace que le déjà drôle premier volet.

La critique est plus courte que pour Punisher: War Zone ou que pour Yes Man, mais difficile de parler de ce film sans révéler des détails scénaristiques. Mais une chose est sûre, la Fox remonte la pente, après le superbe le décevant Dragonball: Evolution (rire étouffé de Treintafouire) et les autres films commerciaux bidons sortis de chez le Renard (qui a dit Max Payne ?).

Les notes:

-Réalisation: une 3D toujours impeccable et toujours plus détaillée que jamais, en dépit de quelques incohérences visuelles (des objets disparaissant sans raison…). 4/5

-Scénario: des lacunes parfois difficiles à digérer (certaines intrigues secondaires semblent complètement inutiles), mais des situations hilarantes et les gags de Scrat sont toujours de qualité. 3.5/5

-Performances dramatiques: difficile de juger là-dessus ! Non noté.

-Doublage vocale français: excellent comme toujours. Mention spéciale à Christophe Dechavanne, Elie Semoun et au doubleur de Buck, sans oublier le couple Scrat(ina) irrésistible ! 5/5

-Musiques et bruitages: les meilleurs musiques de la trilogie, des bruitages excellents, rien à redire. 5/5

-Les plus mieux meilleurs: Scrat et Scratina, Buck, le monde perdu, Sid, scènes marrantes, pas mal de clins d’oeil…

-Les pires pas mieux défauts:… dont un commercial, scénario limité, intrigues secondaires dispensables, film court, Diego passé au second plan…

Note globale: 17.5/20, soit… 17.5/20 !


Critique de Punisher: War Zone

Affiche de Punisher: War Zone

Affiche de Punisher: War Zone

Film d’action américain de Lexi Alexander (Hooligans)

Scénario de Nick Santora (Prison Break), Art Marcum (Main Line), et Matt Holloway (Iron Man, Main Line).

Pas de sortie dans les salles françaises, directement rendu disponible en DVD le 5 août 2009.

Durée de 1 heure 38 environ.

Avec Ray Stevenson (Frank Castle, alias le Punisher), Dominic West (Billy Russoti/Jigsaw), Doug Hutchinson (James “Jimmy le Frappadingue” Russoti), Colin Salmon (Paul Budiansky)…

Synopsis: Frank Castle était un homme presque comme les autres autrefois. Membre des forces spéciales, il allait un jour pique-niquer avec sa femme et ses deux enfants. Malheureusement, ils sont témoins d’une exécution mafieuse, et Frank se retrouve seul. Son âme complètement déchiré depuis ce jour le pousse à faire lui-même justice et à punir les criminels, qui passent entre les mailles de la justice par de multiples pots-de-vin. Il devient alors le Punisher, ne reculant devant rien et ne montrant aucune pitié envers ceux qui n’ont cure de la loi. Vint le jour où il se frotte à Billy “le beau gosse” Russoti. Jour qui va marquer un nouveau tournant. Le Punisher a fait deux terribles erreurs: il tue par mégarde un agent du FBI infiltré pour coincer Russoti, et il a laissé pour mort ce dernier. Son visage atrocement mutilé, Billy à son tour aspire à se venger…

En voyant ça, je me suis dit: allez, encore un Direct-To-Video des plus bidons. Mais le personnage du Punisher est plutôt intéressant, personnage maltraité à deux reprises au cinéma (une version 1989 qui ne serait pas extra, et la version 2004 qui est une véritable calamité). Alors, laissons-lui une chance, à celui-là ! Après Dolph Lundgren en 89 et Thomas Jane en 2004, le britannique Ray Stevenson prend le flambeau. Et force est de reconnaître qu’il s’en sort plutôt bien dans ce rôle. Alternant machine de guerre et homme brisé par la mort de sa famille, Frank Castle semble ici dans son parfait élément et correspondre de près à l’original, celui qui était dans les BD Marvel (oui, je sais, d’habitude Marvel, c’est des super-héros aux super-pouvoirs :D ) ! Là où la version 2004 se montrait mou du genou et un Frank Castle qui ne foutait rien, notre ami Ray se déchaîne dans les scènes d’action, défoulantes à souhait ! D’une rare violence, ces séquences versent parfois volontairement dans le second degré (des bruitages qui font marrer), bien que ça ne soit pas de l’enfant de choeur du tout (un type par exemple se prend le pied d’une chaise dans l’oeil…), et qu’on ne nous cache rien ! Et ça, ça fait plaisir à voir de nos jours… Le second degré ne s’arrête pas à certaines exagérations ou à des bruitages presque hilarant, il se trouve même un mètre-étalon en le personnage de Billy Russoti. Caricatural à souhait, quand on le voit à l’écran, on n’arrive pas à le prendre au sérieux ! Et c’est pire encore quand il revient défiguré; malgré le maquillage plutôt pas mal, on se marre de voir une telle tronche ! Son frère, pas défiguré mais cannibale psychopathe, parait ridicule également ! Des méchants qui parfois ont de drôles de méthodes pour faire peur… C’est sur que le scénario n’est pas de qualité parfaite, mais au moins, on n’a plus l’impression de se faire baiser  comme dans la version 2004 (oui, elle est merdique !).

Au final, je ne sais pas trop quoi dire de plus sur ce punisseur, si ce n’est que cette zone de guerre est foutrement défoulant et marrant ! Un excellent exutoire !

Les notes:

-Réalisation: elle en fait des tonnes, pour notre plus grand bonheur, seuls quelques bouts de scène semblent trop rapides… 4/5

-Scénario: jongle entre action défoulante et rigolote tellement que ça pousse loin, torsion des zygomatiques à la vue des méchants, peu de twists et peu de surprises. 3.5/5

-Performances dramatiques: excellent Ray Stevenson, Colin Salmon, et les interprètes des frères Russoti jouent à fond la carte du rire^^ Le reste un peu en retrait. 3/5

-Doublage vocale français: le punisher avec la voix VF de Russel Crowe, pourquoi pas, après tout ! Sinon, c’est pas mal, mais quelques voix sont carrément insupportables ! 3/5

-Musiques et bruitages: musiques sympas, bruitages ou hilarants (action) ou normaux (autres séquences). 4/5

-Les plus mieux meilleurs: Ray Stevenson, les frères Russoti (ils font marrer !), l’ambiance sombre, les scènes d’action défoulantes et violentes (avec notamment un final généreux et un début brutal), bruitages marrants, peut choquer Paris Hilton…

-Les pires pas mieux défauts: …mais pas assez pour provoquer sa crise cardiaque, la confrontation finale entre Castle et les Russoti n’est pas extra, rythme inégale, faut aimer les exagérations…

Note globale: 17.5/25, soit  14/20.


Critique de Yes Man

Affiche française de Yes Man

Affiche française de Yes Man

Comédie américaine de Peyton Reed (La Rupture).

Screenplay de Nicolas Stoller (Braqueurs amateurs), Jarrad Paul (premier scénario, auparavant acteur) et de Andrew Mogel (premier scénario).

Sortie dans les salles françaises le 21 janvier, sortie en DVD et Blu-Ray Disc le 22 juillet.

Durée de 1 heure 40.

Avec Jim Carrey (Carl Allen), Zooey Deschanel (Allison), Bradley Cooper (Peter), Rhys Darby (Norman), Danny Masterson (Rooney)…

Synopsis: Carl Allen, banquier de son état, tourne au point mort sur tous les plans, depuis que Stéphanie l’a quitté il y a trois ans. Tout ce qui se présente à lui, il le rejette sans états d’âme. Il ne répond pas aux appels de numéros masqués, il invente des excuses pour son entourage, se renferme sur lui-même… Il fait tout pour rester seul dans cette routine sans avenir. Mais vient le jour où il croise, par un heureux hasard, son ami Nick Lane, qui a fait pas mal de choses dans le monde entre-temps. Nick convainc Carl de se rendre à un séminaire sur le Oui. Dès lors, il doit dire oui à toute éventualité qui se présentera à lui, quelqu’en soit le motif, aussi embêtant ou saugrenu soit-il ! Dubitatif quant à l’efficacité de la démarche, Carl va vite se rendre compte à quel point DIRE OUI PEUT TOUT CHANGER…

Tout comme Carl Allen, j’étais assez dubitatif quant à la qualité du film après visionnage de la bande-annonce. Mais le simple fait de la présence de cet increvable Jim Carrey dans cette production m’a incité à voir ce Monsieur Oui. Autant le dire d’entrée de jeu, j’en suis sorti agréablement surpris. On peut entrer dans une salle de cinéma de plusieurs façons, on peut en sortir de plusieurs autres. On peut entrer ici en crainte, et en ressortir avec nos anxiétés confirmées. Mais on peut aussi en sortir comme si on venait de nous offrir une bonne boisson bien fraîche. Et oui, Yes Man vaut le coup d’oeil ! Il peut faire un peu penser au film Menteur, Menteur, lui-aussi emmené par Jim Carrey. Mais le film est vraiment d’un autre style et n’explore pas les mêmes horizons que ce dernier. Le pitch, pas terrible et laissant perplexe, passe bien une fois transposé devant nos yeux quelques peu surpris par la qualité du produit fini. Le film se laisse vraiment regarder, et laisse apparaître une sensation de fraîcheur cinématographique. Ce n’est pas le genre à faire dérider à en souffrir les spectateurs, c’est plutôt le genre de comédie qui aime nous faire sourire et qui nous empêche de le descendre en flèche. Yes Man, c’est l’occasion de retrouver en très grande forme ce trublion qu’est Jim Carrey. L’acteur canadien nous l’a déjà prouvé, il sait jouer dans toutes les facettes, que ce soit comédie, drame… Mais ici, il se montre sous un jour divin et plus que jamais, il excelle ! Entre deux irrésistibles mimiques, ses performances dramatiques ne semblent pas avoir perdu de leur force depuis The Mask ! A côté de cette poule aux oeufs d’or de la comédie, on trouve une jeune actrice qui ici trouve son premier rôle majeur au cinéma: Zooey Deschanel, une véritable révélation ! Pas impressionnée devant le mastodonte Carrey, elle s’est immiscée dans son personnage tout aussi bien que lui dans le sien, avec en bonus prime un charisme fou ! A côté de ce couple génial, on trouve une très bonne brochette de seconds rôles (mention spéciale au très doué Bradley Cooper ainsi qu’à Rhys Darby), bien que Danny Masterson semble être un peu coincé devant les caméras… La réalisation, sobre mais efficace, sert bien le propos, mais n’est peut-être pas assez audacieuse, comme si Peyton Reed n’osait pas trop en faire, qu’il avait peur de la surenchère…. Tout à son honneur qu’il ait échappé à ce dernier point !

Alors, qu’attendez-vous pour dire oui à ce film ?

Les notes:

-Réalisation: sobre, efficace, mais n’ose pas assez. 3/5

-Scénario: des situations cocasses, des idées judicieuses, mais hélas la fin du film sniffe presque trop les bons sentiments… 3/5

-Performances dramatiques: très satisfaisantes, sauf exceptions (n’aie pas peur, Danny Masterson !). 4/5

-Doublage vocal français: réussite de A à Z, avec bien sur un excellent doublage de Jim Carrey (mention spéciale à la scène de la bagarre !) et des autres rôles. 5/5

-Musiques et bruitages: suivent le film sans le gêner (l’ouverture du film est cependant réussie !) 3/5

-Les plus mieux meilleurs: Jim Carrey et Zooey Deschanel; les doublages français; de très bonnes séquences; d’excellents seconds rôles (Bradley Cooper en tête), pas de générique de début.

-Les pires pas mieux défauts: fin trop “gentille” et hâtive; réalisation et Danny Masterson un peu coincés; un peu de manque d’audace dans le scénario; film un poil trop court.

Note globale: 18/25, soit 14.4/20.


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