Critique-duel : le choc bestial !
Une critique pas comme les autres occupe aujourd’hui Qivi. En effet, suite au visionnage de deux films, qui se prêtent à l’exercice d’une sorte de confrontation, j’ai décidé de vous proposer un duel orchestré par mes soins. Bien évidemment, le sujet du jour ne saurait attirer votre attention cinéphile, uniquement dans l’optique où le genre fantastique vous plait…
Alors, présentons, de prime abord, nos deux challengers d’un jour !
En premier, je vous présente Wolfman, un film de Joe JOHNSTON (Jumanji, Jurassic Park III), avec Benicio DEL TORO, Anthony HOPKINS, Emily BLUNT, Hugo WEAVING… Il s’agit d’un remake d’un film de 1941, sobrement intitulé Le Loup-Garou, ou, si vous préférez, The Wolf Man, en anglais.
Synopsis : XIX ème siècle, Angleterre. Lawrence TALBOT est un acteur reconnu. Alors qu’il rencontre le succès sur les planches de théâtre, une certaine Gwen CONLIFFE lui rend visite dans sa loge. Hélas, elle est porteuse d’une mauvaise nouvelle : son compagnon, Benjamin TALBOT, est porté disparu. Après avoir rejeté la demande d’aide de la jeune femme, le comédien décide de se rendre à Blackmoor, terre de son enfance difficile, afin de retrouver son frère. Après avoir renoué des liens auprès de son père, Sir John TALBOT, Lawrence va devoir se confronter aux sombres événements locaux, ainsi qu’à une terrifiante créature ravageant les environs…
Note : cette critique vaut en particulier pour la version dite Director’s Cut, surtout en ce qui concerne le scénario, les 17 minutes supplémentaires se révélant importantes pour estimer plus justement ce long-métrage.
Quelle chose retenir, de prime abord, de cette production ? Probablement la photographie, restituant de manière saisissante l’Angleterre victorienne. Et ce n’est pas le casting, aux petits oignons, qui va à l’encontre de cette impression ! À commencer par Benicio DEL TORO, puissant, sobre, insufflant à son personnage une présence charismatique. Anthony HOPKINS délivre une prestation honorable, avec les mêmes qualités que ceux de l’acteur hispanique. Emily BLUNT se montre, quant à elle, d’une grande justesse. Hugo WEAVING, très bon, est moins bien servi, car son personnage est assez peu exploité. Le reste du casting est d’un bon niveau, et ne vient jamais faire tâche dans cet Angleterre d’une autre époque.
La trame de Wolfman, à défaut d’être pleinement réussi/original/surprenant, est bien dirigé, relativement bien rythmé, et prend le temps qu’il faut pour développer les principaux protagonistes, malgré une certaine lenteur en début de film.
Mais il convient de se pencher sur la créature du film, le fameux Loup-Garou ! Ce cauchemar de pleine lune a bénéficié d’un bon traitement, tant visuellement qu’au niveau comportemental ! Les transformations cumulent les avantages des techniques, anciennes et modernes, d’effets spéciaux, pour un rendu de très bonne facture. Se montre-t-il sauvage, quand notre satellite naturel nous est visible en sa pleine apparence ? Assurément ! Sans verser dans la violence gratuite pure et dure, sans pour autant faire dans l’édulcoré, on nous montre un animal sauvage, traquant, déchiquetant, broyant, tranchant et griffant, avec un maximum de réalisme. Cela témoigne d’un certain respect envers la créature, alors qu’il aurait été facile de tomber dans le commercial, empoisonneur de la qualité artistique.
La partition musicale de Danny ELFMAN est hélas assez timide et ne marque pas les esprits.
La caméra de Joe JOHNSTON privilégie la lisibilité à l’épilepsie (cf le commercial…) et fait proprement son travail, pour le plus grand bonheur des “bigleux”.
Et là, vous vous attendiez au décorticage par les notes. Que nenni, ce sera fait avec ceux du second challenger du jour !
Il s’agit de Daybreakers, un film des frères SPIERIG (leur deuxième, après Undead), avec un casting principalement composé d’Ethan HAWKE, Sam NEILL, Willem DAFOE, Isabel LUCAS… Et ça parle de quoi ?
Synopsis : 2019. Un virus, depuis plusieurs années maintenant, a transformé une très grande majorité de la population en vampires. Ces derniers s’étaient naturellement imposés par leur nombre. Les humains furent ensuite traqués pour leur sang, précieuse denrée, qui évite la dégénérescence mentale, ainsi qu’une transformation physique en humanoïde chauve-souris. La vente de cette matière première en fit un élément plus important encore que l’eau. Mais à présent, on vient à en manquer, les humains se faisant rare. Edward DALTON, vampire hématologue, travaille pour Bromley Marks, une des entreprises pharmaceutiques les plus puissantes, qui est notamment l’un des plus importants fournisseurs en sang. Son objectif est de trouver un substitut sanguin, le plus rapidement possible, afin de pallier à la pénurie. Mais cette stagnation va avoir un impact considérable…
Après une ouverture diurne, plutôt incisive mais efficace, nous voici plongé dans la nuit, cadre de vie d’une société démocratique, dans laquelle les yeux rouges & les crocs sont une norme, et où la crise frappe également, mais pas complètement au même endroit. Les similitudes avec la société actuelle sont bienvenue, car permettant la comparaison du monde de Daybreakers avec le notre. Et si la trame est assez creuse par endroits, on tient une intrigue sympathique, et parfois même empathique.
Cependant, assez paradoxalement, on ne trouve pas dans ce long-métrage des scènes d’action à foison; au contraire, il en contient juste assez pour maintenir l’attention et assurer un rythme satisfaisant, bien que le final se présente comme un important carnage. Un bon point, bien plaisant. Décidément, deux films moins-commerciaux, quelle veine !
Le casting est bon, la photographie est très bonne, la musique est sympathique mais pas franchement mémorable, bien que bon accompagnateur.
Les effets spéciaux auraient mérité un peu plus de soin (notamment lors de la scène d’ouverture, vraiment limite), dommage. Les protagonistes, à vouloir les traiter de manière homogène, peuvent paraître assez creux. A mon sens, le dosage a été judicieux, on est après tout face à un métrage assez limite niveau durée (94 minutes, générique de fin compris).
Malgré que ces quelques lignes semblent surtout révéler les failles de ce film, le fruit des efforts des frères SPIERIG est loin d’être mauvais en soi. Et il est, par exemple, plaisant de constater qu’on a pas à subir un rabâchage des poncifs du vampire.
Il est l’heure de faire le diagnostic de ces deux productions :
-Réalisation : Du bon boulot, on nous montre le tout proprement, et surtout, LISIBLEMENT. Même chose. 4/5 pour les deux
-Scénario : Pas d’originalité, mais une fidélité apparemment bonne au film dont il est le remake. On passe un bon moment, c’est l’essentiel. Partant de concepts audacieux, la trame est sympathique, et on s’attache assez bien aux personnages. 3.5/5 Director’s Cut, 3/5 version cinéma, 4/5
-Performances dramatiques : Un sans-faute. Du charisme et de la sobriété au service d’une époque qui s’y prête grandement. Un bon jeu d’acteurs, qui fait l’affaire sans être transcendant. 5/5, 3.5/5
-Bande-son : On a connu Danny ELFMAN en meilleure forme, c’est bien dommage. Le hurlement de la bête est bien rendu. Musique agréable mais passe-partout, bruitages de bonne facture. 3.5/5, 3.5/5
-Notes globales : 16/20 Director’s Cut, 15.5/20 version cinéma, 15/20.
En conclusion, un affrontement à l’issue serré. Si Wolfman permet aux loups-garous de triompher, il y parvient de très peu, Daybreakers constituant un produit de bonne facture. Bien que le film de Joe JOHNSTON soit supérieure au métrage des frères SPIERIG, je conseille tout de même de voir ces deux productions. En recherche de fantastique ? Vous ne serez probablement pas déçu(e) !
C’est la crise …
En me levant ce matin , j’ai trouvé la newsletter Mondes Persistants dans ma boite mail . Je me suis donc rendu sur le site, et je suis tombé sur l’édito de Septembre 2009 . .
Et la c’est le drame , pour les habitués du site . Fumble , le rédacteur en chef salarié , se retrouve au chomage .
Le réseau Mondes Online n’étant pas au top financièrement, le voilà obligé de tailler dans le personnel
Et comme il le dit :
Quand on voit le pognon déversé sur la Games Com de Cologne, on se dit que c’est pas la crise pour tout le monde. Il y a de l’argent là-bas. Mais point ici.
Excellente continuation à lui , en espérant qu’il retrouve du travail !
Source : Edito de Septembre 09
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